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Gestion du pouvoir d’État au Sénégal : Diomaye Faye- Sonko, la fin ? (Le chef de l’Etat semble prendre ses responsabilités face à une énième position de son Premier Ministre)

Une nouvelle crise a éclaté au grand jour ce mardi 11 novembre 2025 entre le Président sénégalais Bassirou Diomaye Faye et son Premier Ministre Ousmane Sonko, en plein bras de fer sur le sort de la cheffe de la coalition présidentielle.
En effet , dans un communiqué publié le 11 novembre 2025, le PASTEF, parti au pouvoir et dirigé par le Premier Ministre Ousmane Sonko a rejeté une décision du Président Bassirou Diomaye Faye de démettre la coordinatrice de la coalition qui avait porté au pouvoir le chef de l’État lors de la présidentielle de mars 2024. Mardi 11 novembre dernier, le président Diomaye Faye, déplorant des « facteurs de division », avait annoncé avoir mis fin aux fonctions de Aïssatou Mbodj, une proche d’Ousmane Sonko jusqu’ici coordinatrice de cette coalition politique, pour la remplacer par Aminata Touré.
Aminata Touré, ancienne Première Ministre de Macky Sall, de 2013 à 2014, s’était rapprochée des amis d’Ousmane Sonko en 2023. Elle avait même été arrêtée par la police lors de la dernière année de sa présidence en 2024.
Sans en être membre, elle avait progressivement rejoint le PASTEF, le principal parti de l’actuelle coalition au pouvoir. Elle est une proche du Président Bassirou Diomaye Faye. L’ancienne militante des droits humains est depuis août 2024 la Haute-représentante du Président de la République. Le candidat Faye à la présidentielle s’était tourné vers elle pour organiser sa campagne électorale au détriment d’un fidèle de longue date d’Ousmane Sonko.
Le poste de coordinatrice de la coalition n’est pas un poste régalien dépendant constitutionnellement du chef de l’État. Son rôle est politique et crucial. La coordinatrice est chargée de veiller à la discipline de vote des députés du PASTEF à l’Assemblé nationale. Elle n’est pas pour autant véritablement la chef de cette coalition. La coordinatrice de la coalition dépend de fait du bureau politique du PASTEF contrôlé par Ousmane Sonko et ses proches.
Le bureau politique du PASTEF a donc réagi. Selon les proches de Ousamne Sonko, « le Président n’a pas le pouvoir de démettre Mme Mbodji. » Et d’ajouter le « PASTEF et ses alliés ne se reconnaissent dans aucune initiative coordonnée par Mme Touré », affirme le communiqué. « Nous ne partageons ni les mêmes valeurs ni les mêmes principes », affirment les instances dirigeantes du parti.
Samedi 08 novembre 2025, le Premier Ministre Ousmane Sonko avait réaffirmé son soutien à Aïssatou Mbodj, lors d’un grand rassemblement à Dakar, refusant tout changement à venir à la tête de la coalition. 48 heures plus tard le Président Bassirou Diomaye Faye annonçait la nomination de Aminata Touré dans un communiqué. Comme un recadrage de son Premier Ministre.
Cet épisode marque une nouvelle crise entre le Président et son Premier Ministre après les attaques en juillet de ce dernier, reprochant au chef de l’Etat de manquer d’autorité. Ousmane Sonko, samedi dernier, devant ses militants avait affirmé que la rupture avec le Président ne viendrait pas de lui. Ousmane Sonko avait désigné Bassirou Diomaye Faye pour le remplacer à la présidentielle de mars 2024 après l’invalidation de sa candidature.
Le pays traverse une période économique difficile. Face aux difficultés économiques, le premier ministre demande des « sacrifices » à la population. Au pouvoir depuis avril 2024, les autorités du pays accusent le régime précédent d’avoir dissimulé les vrais chiffres de la dette publique et du déficit budgétaire. En conséquence, une série de taxes ont été imposées ces dernières semaines.
Avec cette nouvelle crise, peut-on dire que c’est la fin de la lune de miel entre les deux principaux responsables du Sénégal ? Visiblement, tout porte à le croire. En tout cas, c’est la première fois que le Président Diomaye Faye a pris ouvertement le contre pied de la position de son Premier Ministre qui depuis leur arrivée au pouvoir ne manque aucune occasion pour tacler le chef de l’État. Que va t’il se passer par la suite ? On verra bien.

Mesmin Fanou