La France a désormais un nouveau gouvernement depuis hier soir. François Bayrou forme son gouvernement avec du passé recomposé. Malgré de nouvelles entrées, le Premier Ministre ne parvient pas à élargir son socle. La présence des Républicains ayant sensiblement diminué, Laurent Wauquiez revient même à un positionnement « texte par texte » plutôt qu’un soutien plein et entier.
« C’est le futur », a affirmé François Bayrou sur le plateau de BFMTV lundi soir, pour qualifier son gouvernement majoritairement composé d’anciens Ministres et Premiers Ministres ayant été en fonction au cours de ces dix dernières années.
On peut dire que la nuit a effacé le deuil national. A 20h48, heure de Mayotte, le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler stoppe la roue du remaniement et fait 35 heureux. 18 femmes et 17 hommes composent le quatrième gouvernement de l’année 2024 avant que les Français ne s’engouffrent dans le marathon des fêtes de Noël et de fin d’année.
En vérité, François Bayrou joue la continuité avec un gouvernement déjà fragilisé. En effet nommé ce lundi soir que le gouvernement de François Bayrou est déjà affaibli. Xavier Bertrand, à qui la Justice a été refusée, estime que ce gouvernement a été formé « avec l’aval de Marine Le Pen ». Gérald Darmanin et Elisabeth Borne font leur retour. La surprise tient dans l’arrivée de Manuel Valls, qui hérite du Ministère des outre mer.
Un gouvernement dans la douleur est on tenté de dire. Après plusieurs jours de tractations intenses, la composition de l’équipe de François Bayrou a été annoncée ce lundi en fin de journée à l’Elysée par le secrétaire général, Alexis Kohler. La nouvelle équipe de 35 Ministres, bien loin de l’équipe « resserrée » promise par François Bayrou dans une lettre adressée ce lundi après-midi aux Ministres non reconduits.
Un nouveau gouvernement et un gros couac. Avant même l’annonce officielle, Xavier Bertrand, le Président de la région Hauts-de-France, a fragilisé d’emblée la nouvelle équipe. François Bayrou lui avait promis le Ministère de la Justice, mais le veto du Rassemblement national (RN) à sa nomination aurait fait changer d’avis le Premier . « En dépit de ses nouvelles propositions, je refuse de participer à un gouvernement de la France formé avec l’aval de Marine Le Pen », a estimé Xavier Bertrand dans un communiqué.
Le poste de Ministre de la Justice échoit finalement à Gérald Darmanin, qui retrouve une fonction ministérielle trois mois après son départ de la Place Beauvau et devient au passage ministre d’Etat. François Bayrou se retrouve dans la même situation que son prédécesseur, Michel Barnier : l’ombre du RN plane au-dessus de son gouvernement, faisant et défaisant les destins ministériels.
« François Bayrou a réuni la coalition de l’échec. En 2025, plus que jamais, le RN sera là pour défendre et protéger nos compatriotes, en attendant l’alternance », a réagi Jordan Bardella, sur le réseau « X » après l’annonce du gouvernement. Malgré tout, François Bayrou s’est dit, lundi soir sur BFMTV, « persuadé » que son gouvernement ne sera pas censuré.
La nouvelle équipe compte certes des figures de gauche, comme François Rebsamen, nommé à l’Aménagement du Territoire, ou encore – et c’est la surprise de ce nouveau gouvernement -, Manuel Valls nommé Ministre des Outre-Mer. Mais ces deux nouveaux Ministres ont rompu depuis longtemps avec le PS. L’arrivée de Manuel Valls risque même de sonner comme une provocation pour le parti à la rose. Défait face à Benoît Hamon lors de la primaire du Parti socialiste pour la présidentielle de 2017, il avait finalement opté pour Emmanuel Macron.
Autre arrivée remarquée, celle d’Elisabeth Borne, Ministre d’Etat (ils sont quatre en tout dans la nouvelle équipe). Un an après son limogeage de Matignon, elle fait son grand retour et est nommée numéro deux du gouvernement avec un périmètre couvrant l’Education, l’Enseignement supérieur et la Recherche.
C’est une première, le gouvernement Bayrou compte deux anciens Premiers Ministres. L’ancienne Première Ministre d’Emmanuel Macron (2022-2024) appartient à l’aile gauche de la macronie et a porté la très contestée réforme des retraites en 2023. De quoi là aussi braquer un peu plus le PS, qui demande, en contrepartie d’une non-censure, le gel de cette réforme qui a porté l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans. Pour l’instant, le bougé de François Bayrou, qui a proposé de « reprendre sans suspendre » est jugé bien insuffisant. Le Premier Ministre veut permettre aux partenaires sociaux et aux partis politiques de proposer une nouvelle réforme dans un délai six mois, a-t-il précisé lundi soir, et non de neuf mois, comme indiqué la semaine dernière.
Le nouveau gouvernement compte aussi plusieurs arrivées. Le directeur général de la Caisse des Dépôts, Eric Lombard, dont le nom avait circulé pour Matignon l’été dernier, remplace Antoine Armand à Bercy. Laurent Marcangeli, le patron des députés Horizons hérite de la Fonction publique. Patrick Mignola , ancien patron des députés Modem, va aller pour sa part aux Relations avec le Parlement. Un poste hautement stratégique compte tenu de la composition de l’Assemblée nationale et qui échoit, sans surprise, à un proche de François Bayrou.
La nouvelle équipe compte de nombreux Ministres reconduits, à commencer par Bruno Retailleau, qui reste à l’Intérieur. Nommé en septembre, il a obtenu des garanties de la part de François Bayrou pour poursuivre sa politique. Restent également Jean-Noël Barrot (Quai d’Orsay), Sébastien Lecornu (Armées), Annie Genevard (Agriculture), Rachida Dati (Culture), Astrid Panosyan-Bouvet (Travail) ou encore Agnès Pannier-Runacher (Transition écologique).
Certains changent de périmètre comme Catherine Vautrin qui hérite du Travail, de la Santé et de la Solidarité ou Laurent Saint-Martin qui passe des Comptes publics au Commerce extérieur. D’autres macronistes, à l’instar donc d’Elisabeth Borne et de Gérald Darmanin, font leur retour comme Amélie de Montchalin, qui avait quitté le gouvernement après sa défaite aux législatives en 2022 et qui hérite des Comptes Publics, ou Aurore Bergé, qui retrouve le portefeuille de l’Egalité entre les femmes et les hommes.
« Ce n’est pas un gouvernement c’est une provocation. La droite extrême au pouvoir sous la surveillance de l’extrême droite », a écrit Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste sur X.
Bénin Espoir vous propose la liste complète des membres de ce nouveau gouvernement:
Ministre de l’Éducation : Elisabeth Borne
Ministre de l’Intérieur : Bruno Retailleau
Ministre de la Justice : Gérald Darmanin
Ministre de l’Économie : Éric Lombard
Ministre des Outre-mer : Manuel Valls
Ministre du Travail, de la Santé, de la Solidarité et des Familles : Catherine Vautrin
Ministre des Armées : Sébastien Lecornu
Ministre des Affaires étrangères : Jean-Noël Barrot
Ministre de la Culture : Rachida Dati
Ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation : François Rebsamen
Ministre de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire : Annie Genevard
Ministre de la Transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche : Agnès Pannier-Runacher,
Ministre de l’Action publique, de la fonction publique et de la simplification : Laurent Marcangeli
Ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative : Marie Barsacq
Porte-parole du gouvernement : Sophie Primas
Ministre chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche : Philippe Baptiste
Délégué auprès du ministre de l’Intérieur : François Noël-Buffet
Ministre chargé des Transports : Philippe Tabarot
Ministre chargée du Travail et de l’Emploi : Astrid Panosyan-Douvet
Ministre de la Santé et de l’Accès aux soins : Yannick Neuder
Ministre en charge de l’Égalité et de la lutte contre les Discriminations : Aurore Bergé
Ministre déléguée chargée de la ruralité : Françoise Gatel
Ministre chargé des comptes publics : Amélie de Montchalin
Ministre délégué chargée du commerce, de l’artisanat, de l’économie sociale et solidaire : Véronique Louvagie,
Ministre déléguée chargée du tourisme : Nathalie Delatre
Ministre chargée du Logement : Valérie Letard
Ministre des Affaires européennes : Benjamin Haddad
Ministre de la Ville : Juliette Méadel
Ministre délégué chargé du Commerce extérieur : Laurent Saint-Martin
Chargé des relations avec le Parlement : Patrick Mignola
Ministre chargée de l’Autonomie et du Handicap : Charlotte Parmentier-Lecocq
Ministre chargé de l’Industrie : Marc Ferracci
Ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique : Clara Chappaz
Ministre déléguée chargée de la Mémoire et des Anciens combattants : Patricia Mirallès.
Mick de BADAR
(Sources internet)
