Fête de l’indépendance et colloque scientifique international en hommage au Professeur Abiola : L’appel de Moukaram BADAROU – la nécessité de s’approprier le contenu de la devise nationale et de l’aube nouvelle. – ⁠L’invite à l’esprit citoyen pour un développement durable

Le Président de la Fondation Conscience Citoyenne, Moukaram A.M. BADAROU a profité de la fête de l’indépendance et du colloque scientifique international en hommage au Professeur François Adébayo Abiola pour lancer un vibrant appel au peuple béninois de:
– s’approprier le contenu de la devise nationale et de l’aube nouvelle;
– d’avoir un esprit citoyen pour faciliter le développement durable du Bénin.

Bénin Espoir publie l’intégralité des deux messages. Lisez plutôt :

FONDATION CONSCIENCE CITOYENNE
SOIXANTE CINQUIÈME ANNIVERSAIRE D’INDÉPENDANCE

« APPEL AU PEUPLE BÉNINOIS DE S’APPROPRIER LA DEVISE NATIONALE ET L’AUBE NOUVELLE »

1er août 1960 – 1er août 2025, soixante cinq ans que le Bénin a accédé à la souveraineté internationale. À cette heureuse occasion, la Fondation Conscience Citoyenne souhaite une bonne célébration de la fête de l’indépendance à l’ensemble du peuple béninois et à tous ceux qui ont choisi le Bénin pour y résider.

1er août 1960 marque le couronnement d’une lutte héroïque et l’aboutissement de la détermination du peuple béninois à disposer de lui même. La célébration du 1er août, jour de fête nationale, est devenue ainsi un devoir patriotique pour chaque Béninoise et chaque Béninois. La Fondation Conscience Citoyenne profite de la célébration de cette année pour rappeler à l’attention de chaque citoyen de ce pays, l’impérieuse nécessité de s’approprier le contenu de notre devise nationale : « Fraternité, justice, travail » et des trois couplets de l’Aube Nouvelle, notre hymne national:
« Refrain
Enfants du Bénin, debout !
La liberté d’un cri sonore
Chante aux premiers feux de l’aurore;
Enfants du Bénin, debout !
1er couplet :
Jadis à son appel, nos aïeux sans faiblesse
Ont su avec courage, ardeur, pleins d’allégresse
Livrer au prix du sang des combats éclatants.
Accourez-vous aussi, bâtisseurs du présent,
Plus forts dans l’unité, chaque jour à la tâche,
Pour la postérité, construisez sans relâche !
2ème couplet :
Quand partout souffle un vent de colère et de haine,
Béninois, sois fier, et d’une âme sereine,
Confiant dans l’avenir, regarde ton drapeau !
Dans le vert tu liras l’espoir du renouveau,
De tes aïeux le rouge évoque le courage;
Des plus riches trésors le jaune est le présage.
3ème couplet :
Tes monts ensoleillés, tes palmiers, ta verdure,
Cher Bénin, partout font ta vive parure.
Ton sol offre à chacun la richesse des fruits.
Bénin, désormais que tes fils tous unis
D’un fraternel élan partagent l’espérance
De te voir à jamais heureux dans l’abondance »

Par ailleurs, la Fondation Conscience Citoyenne invite chaque Béninoise et chaque Béninois, à prioriser le Bénin en tout temps et en tout lieu. Chacun devra faire l’effort d’être un trait d’union et un pèlerin de l’espérance pour un Bénin où il fait bon vivre pour chacun et pour tous.

La Fondation Conscience Citoyenne souhaite une bonne et heureuse fête de l’indépendance à chacun et à tous.

Cotonou, le 1er août 2025

Pour le Conseil d’administration
Le Président
Moukaram A.M. BADAROU

COLLOQUE SCIENTIFIQUE EN HOMMAGE AU PROFESSEUR FRANCOIS ADEBAYO ABIOLA
Saketé, les 02 et 03 août 2025

THEME : RENFORCER L’ESPRIT CITOYEN POUR IMPULSER UN DEVELOPPEMENT DURABLE AU BENIN

Monsieur le vice-premier Ministre ;
Messieurs les Ministres honoraires ;
Honorables Députés à l’Assemblée nationale ;
Monsieur le Maire de la commune de Sakété ;
Monsieur le Recteur honoraires de l’Université d’Abomey Calavi ;
Messieurs les Professeurs d’universités ;
Distingués conseillers communaux et élus locaux ;
Majestés têtes couronnées, chefs traditionnels et religieux,
Mesdames et Messieurs les Communicateurs ;
Mesdames et Messieurs de la Presse ;
Mesdames et Messieurs en vos rangs, grades et titres respectifs ;
Distingués invités ;
Mesdames et Messieurs ;

Je vous salue avec beaucoup de respect et de cordialité et je voudrais vous exprimer tout le bonheur qui est le mien du fait de me retrouver avec vous cet après-midi à l’occasion de ce colloque international consacré aux hommages à l’endroit du Professeur François Adebayo Abiola, un homme dont le parcours honore la commune de Sakété, les départements de l’Ouémé-Plateau, le Bénin et même l’Afrique.

D’entrée, qu’il me soit permis de remercier et de féliciter ceux qui ont pris la noble initiative de l’organisation de ce colloque international et qui l’ont préparé de bout en bout avec efficacité pour que nous en soyons là aujourd’hui. Au-delà de ces remerciements et de ces félicitations, je veux leur dire qu’ils ont fait œuvre utile, parce que tout ce qui a une portée historique, est une valeur. Ils se sont sacrifiés et ont consenti d’énormes efforts pour quelque chose de bien et de saisissante. Ils ont fait œuvre utile, parce que ce faisant, ils indiquent la voie à d’autres de savoir reconnaitre à d’autres et ce, de leurs vivants, ce qu’ils font de bien mais aussi et surtout à inspirer beaucoup d’autres à faire du bien au sein de leurs communautés et à l’endroit de leur pays. Oui, ils ont fait œuvre utile, parce que c’est toujours bien de rendre hommages à quelqu’un pour ses œuvres mais c’est encore mieux de le faire du vivant de celui-ci. C’est ce qui se fait ici ce matin et je tiens à le saluer de vive voix et avec beaucoup de solennité.

Qu’il me soit permis aussi, de saluer avec déférence l’heureux du jour, pour ses nombreuses contributions à l’émancipation et au développement du Bénin et de l’Afrique. Au Bénin, au Sénégal et dans beaucoup de pays africains, le nom du Professeur François Adebayo Abiola resonne au son de l’intégrité, de probité morale, de grande capacité intellectuelle et de détermination au service du développement de son pays et du continent africain.

Qu’il me soit permis enfin, de remercier l’ensemble des participants de à ce colloque pour avoir fait le déplacement en honorant de votre présence les présentes activités. Soyez-en remercié et félicité.

Pour revenir à ce pourquoi je suis devant vous ce matin, il m’a été demandé de coprésider avec le Professeur Jean Claude Hounmènou, que je salue au passage avec respect, le panel N° 2 sur « l’éveil citoyen, le patriotisme, la dignité et l’éthique comme des valeurs cardinales nécessaires à tout respect et à toute considération sociétale », ce que j’ai accepté avec beaucoup de plaisir. Il m’a été demandé aussi, de présenter une communication dont le thème serait lié au thème central de ce panel, ce que j’ai également accepté avec enthousiasme du fait de mes profondes convictions à ce sujet. En effet, j’ai la certitude que sans une conscience citoyenne, sans renouer avec les valeurs sociales, morales et républicaines, point de développement pour notre cher pays, le Bénin. Le thème de la communication que j’ai ainsi l’honneur de vous présenter à cet effet est intitulé : « Renforcer l’esprit citoyen pour impulser un développement durable au Bénin ». Cette communication qui convoque nos sens civiques va certainement contribuer au niveau ce panel à booster tant soit peu, l’esprit patriotique de chacun d’entre nous et par ricochet, permettre à ce colloque d’atteindre ses objectifs.

Monsieur le vice-premier Ministre,

Distingués invités,

Mesdames et Messieurs,

Dans le développement du thème de ma communication et tenant compte du temps qui m’est imparti, je parlerai de la citoyenneté, des droits et devoirs du citoyen en prenant soin de dire brièvement ce qu’est l’esprit citoyen. Puis, je parlerai du développement durable et de comment l’esprit citoyen peut permettre de l’impulser et de l’entretenir dans le temps.

I- LA CITOYENNETE
Pour parler de la Citoyenneté, commençons d’abord par la définition du concept et voyons par la suite sa portée et ses méandres.

Selon le dictionnaire Larousse, on peut définir la Citoyenneté comme : « une situation positive créée par la pleine reconnaissance aux personnes de leur statut de citoyen qui dispose, dans une communauté politique donnée, de tous ses droits civils et politiques ». La Citoyenneté est donc l’état ou la qualité de citoyen. Elle permet à un individu d’être reconnu comme membre d’une société, d’une cité dans l’antiquité, ou d’un Etat de nos jours, et de participer à la vie politique. Elle est le statut juridique qui permet à un individu de devenir citoyen. En effet, la Citoyenneté donne accès à l’ensemble des droits politiques, tout en créant des devoirs, permettant de participer à la vie civique d’une société ou d’une communauté politique, par opposition au fait d’être simple résident. En général, elle a un lien étroit avec le droit de vote et dans une société démocratique, la Citoyenneté est également l’une des composantes du lien social, notamment par l’égalité des droits qui lui est associée.

Juridiquement, la Citoyenneté peut être définie comme la jouissance des droits civiques attachés à la nationalité, c’est-à-dire la jouissance de l’ensemble des droits privés et publics qui constituent le statut des membres d’un État donné qui les reconnaît comme tels. Dans ce cadre, le citoyen est celui qui, appartenant à la « cité », dispose des droits, (notamment le droit de vote, d’éligibilité, d’accès à la fonction publique…) et est soumis à des devoirs au nom de l’intérêt général.

La Citoyenneté implique un sentiment d’appartenance à une même communauté nationale ainsi que la possibilité d’une participation active à la vie politique et publique. Dès lors que l’État confère le statut de citoyen à ses membres, ceux-ci en deviennent redevables au même titre qu’ils peuvent à tout moment invoquer la revendication de leurs droits fondamentaux. La notion de Citoyenneté entraine donc un rapport étroit entre l’État et ses citoyens.

La Citoyenneté, c’est aussi le principe de la légitimité politique. Le citoyen n’est pas seulement un sujet de droit individuel. Il est détenteur d’une part de la souveraineté politique. C’est l’ensemble des citoyens, constitué en communauté qui, par le principe de l’élection, désigne les gouvernants. C’est l’ensemble des citoyens qui est à la source du pouvoir, il constitue ce qu’on pourrait appeler le souverain primaire. C’est pourquoi, les décisions prises par les gouvernants élus par eux doivent être exécutées rigoureusement. Les citoyens doivent obéir aux ordres des gouvernants, parce que ces derniers ont été choisis par eux-mêmes.

Pour Jean-Jacques Rousseau : « la citoyenneté ne se résume pas à un simple statut juridique, mais à une relation active et participative entre l’individu et l’État. A ce titre, le citoyen est à la fois sujet, soumis aux lois, et souverain, participant à leur élaboration et à la volonté générale ».

De la Citoyenneté, le pas est vite fait pour parler du citoyen qui, dans l’antiquité, est une personne qui jouissait du droit de cité. De nos jours, le citoyen est une personne qui jouit, dans l’État dont il relève, des droits civils et politiques, et notamment du droit de vote (par opposition aux étrangers).

Le concept de la Citoyenneté, du moins dans la conception antique, n’a de sens, et de portée effective, que dans le cadre de la cité au sens d’une communauté territoriale restreinte rattachée à une origine commune. Le concept a beaucoup évolué entre temps, au point où certaines pensées parlent aujourd’hui, de l’universalité du concept et dans ce cas, on parle de « citoyen universel ». Dans cette communication, nous nous en tiendrons à la conception classique du concept. Sur ce, parlons des droits et devoirs des citoyens.

 

II- LES DROITS ET DEVOIRS DES CITOYENS
Chaque citoyen bénéficie des droits qui lui sont conférés par la constitution. Ces droits impliquent nécessairement des obligations vis-à-vis de la communauté nationale et vis-à-vis du pays. Pour Jean Jacques Rousseau : « le citoyen est l’élément clé de la République parce qu’il est à la fois détenteur de droits et de devoirs envers la communauté nationale ».

* Les droits du citoyen
Au terme de la loi N° 2019-40 du 07 novembre 2019 portant révision de loi N° 90-32 du 11 décembre 1990 portant Constitution de la République du Bénin, une bonne plage de droits et de libertés est garantie aux citoyens béninois. Ces droits assurent la justice, la dignité de la personne humaine et sont essentiels pour un État de droit pour la construction du pays et pour un meilleur vivre ensemble. Il s’agit :

– Des droits fondamentaux et libertés individuelles qui implique le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité, la liberté de conscience, de culte et de religion, la liberté d’expression et d’opinion ;
– Du droit à l’information, liberté de la presse et d’association ;
– Des droits sociaux et économiques qui prend en compte le droit au travail, le droit de grève, le droit à la propriété, le droit à un environnement sain ;
– Des droits politiques comme le droit de vote et d’éligibilité : l’égalité des citoyens devant la loi.
Il faut souligner que ces differents droits sont teintés de la possibilité :

– De jouir des libertés individuelles ;
– D’avoir la liberté de conscience, d’expression, d’aller et de venir, de se marier et d’avoir des enfants ;
– De bénéficier de la présomption d’innocence en cas de difficulté avec la police ou la justice ;
– D’avoir un avocat pour le défendre en cas de besoin ;
– D’être traité par la justice selon une loi égale pour tous ;
– D’avoir la liberté de participer à la vie publique de son pays et d’être candidat à toutes les fonctions si l’on remplit les critères fixés par la loi.
En revanche, la jouissance régulière et légale de ces droits impose au citoyen un certain nombre d’obligations.

* Les devoirs du citoyen
Un devoir est une obligation qui peut être de nature juridique ou morale. Il s’impose aux citoyens au sens juridique du terme et dans ce cas, il est employé comme synonyme du mot « obligation ». En effet, le citoyen réclame légitimement de l’État, le respect de ses droits parce que l’État lui réclame l’accomplissement de certains devoirs.

On peut distinguer, d’une manière non exhaustive, trois grands types de devoirs principaux :

– Les devoirs individuels ;
– Les devoirs liés à la collectivité et à l’éthique générale ;
– Les devoirs liés à la Loi.
Devoirs individuels :

Les devoirs individuels sont ceux que le citoyen se fixe lui-même, selon sa propre morale, son éducation, son expérience, sa vision de la vie…etc. Par exemple, veiller à sa santé, veiller sur son frère ou sur sa sœur, aider une vieille personne à traverser la rue, porter assistance à un voisin ou à un membre de sa famille.

Le non-respect de ces devoirs n’amène pas à une réelle sanction extérieure mais peut entrainer des conséquences regrettables.

Devoirs liés à la collectivité et à l’éthique générale :

Les devoirs liés à la collectivité et à l’éthique générale sont ceux correspondants entre autres au respect des droits de l’autre, au respect des règlements qui régissent sa structure. Par exemple, respecter le règlement intérieur de son entreprise ou de son association.

Le non-respect d’un de ces devoirs peut entrainer une sanction dans certains cas. Par exemple, les responsables d’une entreprise peuvent sanctionner s’il est établi que le citoyen a manqué aux dispositions du règlement intérieur de l’entreprise.

Devoirs liés à la loi

Les devoirs liés à la loi sont ceux qui correspondent au respect des lois concernant tous les citoyens. Par exemple, le respect de la Constitution et des lois de la République.

Le non-respect de ces devoirs implique bien sûr, des sanctions en bonne et due forme, ainsi que le fixent les lois et règlements en vigueur dans le pays.

La Constitution du 11 décembre 1990 qui est la loi fondamentale au Bénin dispose en son article 34 que : « Tout citoyen béninois, civil ou militaire, a le devoir sacré de respecter, en toutes circonstances, la Constitution et l’ordre constitutionnel établi, ainsi que les lois et règlements de la République. » et l’article 35 de la même Constitution exige que : « Les citoyens chargés d’une fonction publique ou élus à une fonction politique ont le devoir de l’accomplir avec conscience, compétence, probité, dévouement et loyauté dans l’intérêt et le respect du bien commun ».

Aussi, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples qui est annexé à la Constitution du 11 décembre 1990, dispose en son article 29 que : « L’individu a en outre le devoir :

– De préserver le développement harmonieux de la famille et d’œuvrer en faveur de sa cohésion et du respect de cette famille ; de respecter à tout moment ses parents, de les nourrir et de les assister en cas de nécessité ;
– De servir sa communauté nationale, en mettant ses capacités physiques et intellectuelles à son service ;
– De ne pas compromettre la sécurité de l’Etat dont il est national ou résident ;
– De préserver et de renforcer la solidarité sociale et nationale, singulièrement lorsque celle-ci est menacée ;
– De préserver et de renforcer l’indépendance nationale, l’intégrité territoriale de la patrie et d’une façon générale, de contribuer à la défense de son pays, dans les conditions fixées par la loi ;
– De travailler, dans la mesure de ses capacités et de ses possibilités, et de s’acquitter des contributions fixées par la loi pour la sauvegarde des intérêts fondamentaux de la société ;
– De veiller, dans ses relations avec la société, à la préservation et au renforcement des valeurs culturelles africaines dans un esprit de tolérance, de dialogue et de concertation et, d’une façon générale, de contribuer à la promotion de la santé morale de la société ;
– De contribuer au mieux de ses capacités, à tout moment et à tous les niveaux, à la promotion et à la réalisation de l’unité africaine. »
Par ailleurs, pour tenter d’être relativement exhaustif, nous pouvons compléter en disant qu’un citoyen a le devoir de :

– Être loyal envers la communauté nationale c’est-à-dire, ne pas commettre d’actes contraires aux intérêts de celle-ci ;
– Participer à la vie nationale par son vote en contribuant au bon fonctionnement de la démocratie et donc au développement du pays. « Voter est un droit, c’est aussi un devoir civique » ;
– Respecter les autres et faire preuve de civilité par la reconnaissance mutuelle, sans discrimination aucune. Le respect mutuel constitue l’un des fondements de la paix sociale et des relations interpersonnelles ;
– Faire preuve de solidarité sociale. Venir en aide aux autres en fonction de ses moyens ;
– Défendre l’environnement en apportant sa contribution dans différents domaines : alimentation, consommation, eau, énergie, transport, produits chimiques, jardinage, réutilisation, recyclage, pour ne citer que ceux-là ;
– Participer au financement des charges supportées par l’État au bénéfice de la communauté nationale par le paiement de l’impôt. D’ailleurs, l’article 13 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 l’exprime clairement : « Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés ».
Pour une meilleure contribution à la construction du pays et nul n’étant censé ignoré la loi, les droits et les devoirs évoqués doivent être connus de chaque citoyen. De sérieux efforts doivent être faits pour qu’il en soit ainsi. De l’éducation en famille aux instructions reçues à l’école en passant par des diverses sensibilisations et des renforcements personnelles, l’essentiel doit être mis à profit pour que les citoyens soient au fait de leurs droits et de leurs devoirs, ce qui, à coup sûr, va renforcer à leurs niveaux, un esprit citoyen qui certainement va leur permettre de mieux contribuer au développement durable et à l’édification d’un pays prospère.

III- L’ESPRIT CITOYEN ET LE DEVELOPPEMENT DURABLE
L’atteinte de l’objectif du développement durable sera facilement réalisable à partir d’un esprit citoyen au niveau de l’ensemble des citoyens du pays. L’engagement citoyen reste une véritable force motrice au développement durable. L’éducation, la sensibilisation et l’action concrète de chaque individu sont essentielles pour construire un avenir plus juste et durable pour tous.

* L’esprit citoyen
Par définition, il faut entendre par esprit citoyen, l’ensemble des attitudes et comportements d’un individu, sa participation active face aux questions de développement de sa communauté ou de son pays, sa capacité à respecter des lois et des institutions. L’esprit citoyen constitue une propension à valoriser le bien commun et à se soucier de l’intérêt général. Il implique impérativement : le respect des lois et des règles, le sens de la responsabilité, la défense des principes fondamentaux du vivre ensemble, la participation aux débats d’idée sur des questions de développement, la défense des valeurs sociales et républicaines, la solidarité et l’entraide.

L’esprit citoyen dans sa dimension intrinsèque, englobe un package de valeurs, de comportements et d’engagements qui contribuent à la construction d’une société solidaire, démocratique et juste. Bardé de cet esprit et le mettant en exergue au quotidien, le citoyen contribuera en toute effectivité à la réalisation d’un développement durable du pays.

* Le développement durable
Le développement durable est la capacité à répondre réellement aux besoins du présent sans compromettre l’avenir. La génération actuelle devra gérer sa saine émulation sans compromettre celle des générations futures. Le développement durable prend en compte un équilibre entre trois dimensions : la croissance économique, l’inclusion sociale et la protection de l’environnement. Pour un pays prospère et équilibré, pour un développement durable, il faut assurer le progrès économique tout en garantissant la justice sociale et en préservant les ressources naturelles de la planète. Il faut travailler à préserver l’environnement, les ressources naturelles et de lutter contre le changement climatique. Il faut garantir l’accès à l’éducation, à la santé, à un travail décent et à des conditions de vie équitables pour tous, en réduisant les inégalités.

Le développement durable ne signifie en aucun cas de renoncer à la croissance économique, mais plutôt la rendre plus responsable et inclusive, en favorisant des activités économiques durables et respectueuses de l’environnement.
L’Agenda 2030 des Nations Unies pour le développement durable définit 17 objectifs à atteindre d’ici 2030, couvrant des domaines tels que la lutte contre la pauvreté et la faim, l’accès à l’éducation et à la santé, l’égalité des sexes, l’énergie propre, la réduction des inégalités, la protection de l’environnement, etc.

Le développement durable qui est une approche globale et intégrée, vise à concilier les besoins de la société, de l’économie et de l’environnement pour un avenir plus juste et durable. Le développement durable est une quête permanente que le comportement et l’esprit citoyen peut permettre d’atteindre plus facilement et efficacement. Dans un environnement où chacun joue rigoureusement sa partition citoyenne, il y’a pas de raison de ne pas tendre vers un développement durable. C’est pour ça, qu’il faut travailler à mettre fin à l’incivilité ambiante et à la montée grandissante de l’inconscience citoyenne. Il faut rappeler à chacun et à tous que tout en cherchant à jouir ou en jouissant légitimement de leurs droits, en profitant du présent, il est impérieux pour eux, de penser à l’avenir et par conséquent, de remplir leurs obligations face à la patrie commune. Il y va de l’intérêt de chacun et de toute la communauté.

En somme le développement durable et l’esprit citoyen sont intimement liés. La conscience citoyenne et l’engagement citoyen, notamment par l’éducation à l’environnement et au développement durable, joue un rôle crucial dans la mise en œuvre d’un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre ceux des générations à venir. En renforçant l’esprit citoyen au niveau des citoyens, on travaille à l’atteinte de l’objectif du développement durable.

Je vous remercie pour votre aimable attention.

 

 

Moukaram A.M. BADAROU

Président de la Fondation Conscience Citoyenne

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