Norbert Zongo est un journaliste burkinabè, né à Koudougou le 31 juillet 1949, qui débuta comme enseignant en 1971 après avoir obtenu son baccalauréat en 1975 et exerça notamment à Pô et Ouagadougou. Il se lance dans le journalisme en 1986, contribuant aux journaux étatiques Sidwaya et Carrefour africain, avant de fonder en 1993 son propre hebdomadaire, L’Indépendant, dont la devise était Bory bana (la course est finie). Zongo utilisa cette plateforme pour devenir l’une des grandes figures de la lutte pour la démocratie et la liberté de la presse en Afrique, dénonçant sans relâche la corruption et s’opposant au régime du président Blaise Compaoré. Conscient que « nul n’a un avenir dans un pays qui n’en a pas », il est l’auteur de deux romans, Le Parachutage (1988) et Rougbêinga (1990), le premier dénonçant les dictateurs africains et le second mettant en scène des héros de la résistance contre la colonisation. Il est connu pour sa citation : « Le pire n’est pas la méchanceté des gens mauvais mais le silence des gens bien. » C’est alors qu’il menait une enquête sensible sur la mort en détention de François Compaoré, frère du président, que Norbert Zongo fut assassiné le 13 décembre 1998 près de Sapouy, son corps ainsi que ceux de trois de ses compagnons ayant été retrouvés abattus et brûlés dans leur véhicule. Sa mort tragique provoqua une vague d’indignation et de manifestations publiques au Burkina Faso et est encore aujourd’hui un symbole de l’impunité, bien que son dossier, classé sans suite en 2006, ait été rouvert en 2015 après la chute de Blaise Compaoré, et que la justice nationale ait été condamnée pour avoir violé les droits à un procès. Un lieu commémoratif a été érigé en 2012 sur le lieu de son assassinat et l’université publique de Koudougou porte désormais son nom.
Flora HOUNSOUNOU
