Dans une période marquée par les crises à ne point finir à l’international, les profondes divisions politiques à l’interne et la forte anxiété qui gagne les français, une voix forte et autorisée s’élève au-dessus de l’ambiance politicienne quotidienne. Dominique de Villepin, l’ancien Premier Ministre, très éloquent, homme des dossiers et grand gaulliste, incarne de plus en plus l’espoir d’un retour de la France sur la scène internationale et d’une réconciliation nationale apaisée. Porté par une popularité retrouvée et la récente création de son mouvement, « La France Humaniste», il se présente comme une meilleure voie face à l’effritement progressif de la nation et la radicalisation à plusieurs titres.
L’analyse de Dominique de Villepin est sans appel : la France traverse une période de doute et d’humiliation comparable aux heures les plus sombres de son histoire. Il affirme : « J’appartiens à une génération hantée par l’idée de la disparition, par la crainte de l’effondrement de notre force», en référence directe à l’ouvrage « L’Angoisse et la Grandeur » sur le Général de Gaulle. Pour l’ancien Premier Ministre, le pays est à la croisée des chemins : sombrer dans un jeu politicien stérile ou se relever pour prendre son destin en main .
Ce diagnostic poignant trouve un écho puissant dans une population Française inquiète pour son pouvoir d’achat, sa sécurité et la place de la France dans un « monde sans règles » où prévaut la « loi du plus fort » . Son constat que « le Parti socialiste a abandonné les travailleurs » tout en fustigeant les dérives identitaires de la droite traditionnelle montre à bien d’égard sa volonté de dépasser les clivages usés pour trouver une solution aux préoccupations fondamentales des Français.
Dominique de Villepin puise dans l’héritage du Général Charles de Gaulle les remèdes à ces maux. Sa philosophie se résume en un mot : la « mesure. »
« Ce que je défends, c’est que la politique étrangère doit rester une politique de mesure. Je ne fais que préconiser la mesure : la mesure du droit, la mesure d’une approche humanitaire, la mesure d’un équilibre diplomatique.»
Cette recherche d’équilibre n’est pas une tiédeur, mais la marque d’un réalisme éclairé. C’est cette même conviction qui l’avait conduit, en 2003, à prononcer son célèbre discours à l’ONU contre la guerre en Irak, un moment fondateur qui résonne encore aujourd’hui comme un exemple de courage et d’indépendance diplomatique . Aujourd’hui, il applique cette même grille de lecture au conflit à Gaza, dénonçant avec force la « spirale de violence » et les « yeux fermés » de l’Occident, une position qui lui vaut une immense popularité, particulièrement dans le monde et à gauche de l’échiquier politique français.
De ces différentes prises de positions et des convictions qu’il affiche, on peut être tenté de dire que l’ancien Premier Ministre apparaît comme une voie qui pourrait bien sortir la France de sa situation actuelle. Les jours à venir nous en diront un peu plus.
Mick de BADAR
