Ousmane Sonko, actuel Premier ministre et leader du PASTEF, a marqué la journée de commémoration des victimes des manifestations de 2021 à 2024 par une déclaration politique forte et sans ambiguïté devant ses partisans. Assurant qu’aucune manœuvre ne pourrait l’empêcher de participer à la présidentielle de 2029 ni aux autres scrutins à venir, Sonko a déclaré, face à une foule acquise à sa cause, que sa candidature ne souffrirait d’aucune contestation, écartant ainsi toute hypothèse d’inéligibilité, un débat récurrent dans l’actualité récente. « Rien ne peut m’empêcher d’être candidat », a-t-il lancé, soulignant que la décision de se présenter lui appartient exclusivement, tout en enjoignant ses militants à se méfier de toute tentative de récupération ou d’intoxication politique. Cette réaffirmation de son intention de participer à toutes les échéances électorales vise à dissiper les doutes, alors que sa situation judiciaire, marquée par une condamnation définitive par la Cour suprême en juillet pour diffamation (six mois avec sursis et 200 millions de francs CFA d’amende), avait entraîné son exclusion de la course présidentielle de 2024, menant son parti à soutenir la candidature victorieuse de Bassirou Diomaye Faye. Profitant de cette journée, Ousmane Sonko a également annoncé la relance officielle des activités du PASTEF, prévoyant un congrès en avril et la reprise des tournées nationales, dont l’organisation sera confiée aux structures départementales. Cette reprise s’accompagne d’une mise au point adressée à certains acteurs politiques, qu’il accuse de chercher à lui faire porter la responsabilité de la colère populaire. Il a enfin invité les membres du PASTEF à se focaliser sur les objectifs initiaux du mouvement, affirmant que la scène politique reste dominée par le calcul et la peur, des comportements incompatibles avec les ambitions de son parti. Cette prise de position confirme que la bataille politique autour de son éligibilité restera un point central du débat national dans les mois à venir, marquant une volonté de reprendre la main sur le discours public dans cette nouvelle phase de recomposition politique au Sénégal.
Flora HOUNSOUNOU
