•Vous me demandez trois mots pour qualifier le candidat Romuald Wadagni.
Je dirais intelligent, leader et valeur. L’intelligence, à mon avis, n’est pas le reflet des diplômes. L’intelligence, ce n’est pas seulement le savoir.
Pour moi, l’intelligence, c’est une capacité, une aptitude à s’adapter à de nouvelles situations. C’est-à-dire, vous êtes confronté à une nouvelle situation, vous utilisez les ingrédients que vous avez en vous, la base de votre expérience, de votre savoir. Vous l’utilisez pour trouver des solutions concrètes, idoines, adaptées à cette nouvelle situation.
Et c’est pour moi l’une des premières forces de notre candidat Romuald Wadagni. Je le dis en toute connaissance de cause, parce que je fais partie des rares personnes à connaître suffisamment son parcours, à pouvoir apprécier de façon profonde et à viser le chemin qu’il a parcouru, ce qu’il a abattu comme travail depuis sa nomination au gouvernement du Président Macron. Certes, il a un parcours d’excellence.
Il a eu le privilège de travailler dans un cabinet de grande réputation, qui a été en son temps le cabinet le plus important dans le monde dans son domaine du conseil et d’organisation. J’ai eu le privilège moi-même de présider au destiné de ce cabinet en France, j’ai été président de Deloitte France et vice-président de Deloitte Mondial. C’est dire que je connais la maison et que je connais le parcours de Romuald Wadagni.
Ce parcours qu’il a eu n’est pas suffisant pour garantir le succès de ses responsabilités, non seulement dans le monde politique, qui est un monde à part, mais également rassurant de la bonne gestion des affaires de l’État. Le privé, c’est le privé et l’État, c’est l’État. Et c’est là qu’intervient ce que j’ai défini tout à l’heure comme intelligence, c’est cette capacité, cette aptitude à comprendre la nouvelle situation, à comprendre les nouveaux enjeux et à apporter des réponses concrètes, adaptées.
Vous m’interrogez sur le parcours de notre candidat. Je dirais tout simplement qu’il a eu un parcours d’excellence. Il a fait ses études universitaires Grenoble, où il est sorti majeur de promo, ensuite, il a commencé sa carrière chez Deloitte à Lyon, puis à Paris.
À Paris, il a toujours fait preuve de compétence. Dans toutes ses évaluations, il fait partie des meilleurs de sa promotion. Et en guise de récompense, nous avons l’habitude d’envoyer à l’étranger, notamment dans les pays anglo-saxons, les meilleurs par promotion.
C’est ainsi qu’il est parti à Boston, où là aussi, ou là encore, il a fait preuve de compétence, de professionnalisme, à tel point que notre bureau de loi de Boston a souhaité le garder plus longtemps que prévu. Dans nos normes, au cabinet, les expatriations, c’est de 18 mois. Il a tellement plu aux dirigeants de Boston qu’ils l’ont gardé pendant trois ans.
Après ces trois ans, il est revenu en France, et il a été affecté à la direction des grandes entreprises multinationales qui s’occupent ou qui sont intéressées par la levée de fonds aux États-Unis. C’est un département dans lequel se retrouvent les plus brillants du cabinet. Il a travaillé dans ce département, il a beaucoup appris et il a co-dirigé ce département.
Pour l’aider à continuer à évoluer, il a eu la responsabilité du bureau de Kinshasa, en RDC, qu’il a aussi menée avec le talent que nous reconnaissons tous. Tout ceci pour dire que Romuald Ouadani a eu un beau parcours. Il a été bien formé, non seulement sur le plan professionnel du privé par les entreprises qui l’ont servi, par le cabinet qu’il a formé, et sur le plan politique du service de l’État.
Il a bénéficié de l’expérience de son parrain, de son sponsor, qui est le président Patrice Talon. J’ai parlé d’intelligence, on a parlé de son parcours, et maintenant parlons de leadership. Le vrai leader, c’est celui qui sait donner le chemin, c’est celui qui sait tracer la voie et ensuite entraîner ses équipes.
Un leader qui ne sait pas promouvoir les membres de son équipe, de mon point de vue, n’est pas un vrai leader. Parce que l’attente de chacun, c’est que vous formiez des gens pour les générations futures, parce que la vie continue. Quelles que soient les positions que vous occupez aujourd’hui, vous finirez par finir.
Notre candidat Romain Louadani, il est présentement ministre des Finances, et avec la grâce des yeux, dans quelques semaines, il sera le président de notre République. Donc le poste qu’il occupe est celui-là, il va falloir trouver quelqu’un d’autre capable de faire autant que lui, si ce n’est plus, dans cette responsabilité. J’ai parlé aussi de valeur.
Ce qui m’a marqué dans le parcours qu’il a eu, dans toutes les relations professionnelles et privées que nous avons eues, j’ai fait trois constats. Le premier constat, c’est qu’il a la crainte de Dieu. Avoir la crainte de Dieu, c’est un élément formateur et fondateur de votre comportement dans la cité.
Donc, il a ça en lui. La deuxième chose que j’ai observée, c’est qu’il a l’amour de son prochain. Donc, pour moi, ce n’est pas du tout une surprise de constater dans son projet de programme qu’il a mis l’accent sur le combat, la lutte contre la pauvreté extrême.
Un homme de foi, un homme qui a son prochain, c’est tout à fait normal qu’il s’occupe de la situation depuis le début. Et enfin, il a ce que j’appelle le sens du partage. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de réussite seule.
On n’est pas heureux seul. On est heureux avec les autres. Cela veut dire qu’il faut avoir un sens du partage.
Il faut donner des chances aux autres. Lorsqu’on réussit, on réussit avec les autres. Et les autres doivent participer au fruit de la réussite.
Et c’est quelque chose qui est en lui. Et ça s’observe d’ailleurs. Il est arrivé à former une équipe par son leadership.
Il est arrivé à donner le chemin, à tracer la voie. Et on voit dans un certain nombre de nos institutions, de nos sociétés, des gens qu’il a formés, qui ont été à ses côtés, ont pris aujourd’hui de hautes responsabilités dans le pays. Donc, un homme intelligent.
Un leader qui a su constituer ses équipes et les faire développer. Un homme de valeur qui sait qu’on ne peut pas être heureux tout seul. On est heureux avec les autres.
En conclusion, mon cher Romuald, je sais que tu es prêt. Je sais que tu sais que je suis à tes côtés. Je ne suis pas seul.
Je pense que tu n’imagines pas les soutiens que tu as. Un, je commencerai par le grand chef, à tout seigneur, tout honneur, le président Patrice Talon. Ensuite, les deux grands partis qui ont porté ta candidature.
Je pense au président Le Président, le président Djogbénou, le président Bio Tchané. Je ne saurais oublier les grands leaders de ce pays qui ont aussi à cœur de te voir porter haut le flambeau de notre pays. Je pense au président Soglo, au président Bruno Amoussou, au président Houngbédji et beaucoup d’autres.
C’est-à-dire que nous serons tous fiers de te voir réussir la mission que nous espérons que le Bénin te confiera dans quelques semaines. Comme le dit ton slogan, ensemble allons plus loin.
Qui est Amadou Rouf Raïmi ?
A 77 ans, Amadou Rouf Raimi est ancien Président du Conseil d’administration de Deloitte France et ancien Président du Conseil d’administration de Deloitte Monde. Il avait fait le pari du capital-investissement en prenant la tête de Cauris Management, première société de gestion de fonds de capital-investissement en Afrique de l’Ouest francophone.
Né en 1949 à Porto-Novo au Bénin, Amadou Rouf Raimi, après des études primaires et secondaires au lycée Victor Ballot et son baccalauréat obtenu en 1970 à Libreville au Gabon, s’est rendu en Europe pour poursuivre son cursus. Diplômé de l’Ecole supérieure des sciences économiques et commerciales (Essec) en France, il intègre en 1976 le cabinet Deloitte. Son goût prononcé pour l’audit l’amène à passer son diplôme d’expert- comptable et de commissaire aux comptes. A l’école de l’audit, il renforce la rigueur et la méthode qui constituent pour lui des valeurs chères pour s’accomplir dans tout secteur d’activité. Au sein du cabinet Deloitte et après quelques pauses pour répondre à des consultations privées, il gravit les échelons. Membre du comité de direction de l’audit de Deloitte France et responsable du département d’audit dédié aux grands clients de 1991 à 1997, il aura audité et conseillé plusieurs entreprises françaises et internationales. De grands groupes tels que Alstom (au chiffre d’affaires de 18 739 000 000 euros), Electricité de France ‘’EDF’’ (64 279 000 000 euros), Renault/Nissan (12 011 000 000 euros), Pinault-Printemps-Redoute ‘’PPR’’ (20 201 200 000 euros) ont bénéficié de son expertise.
Sa capacité à assumer avec maestria ses responsabilités d’audit et de conseil de ces grosses cylindrées de l’économie lui vaut la confiance du cabinet et conforte sa réputation de cadre modèle aux talents execptionnels. Coopté associé du cabinet en 1988, il brigue avec succès la présidence du conseil d’administration en 2004. Un mandat qui lui sera renouvelé quatre ans plus tard. En juin 2007, il est élu par ses pairs, vice-président de Deloitte monde et préside le comité d’évaluation et de rémunération. Sous lui, le chiffre d’affaires de Deloitte France en 2008 avoisine les 750 000 000 euros, soit 491 957 750 000 de francs Cfa, avec un effectif de 7 000 collaborateurs dont 400 associés. Membre du conseil d’administration de Citizen Capital (Fonds de capital-investissement indépendant), de l’International Metal Service ‘’IMS’’ (leader européen de la distribution d’aciers spéciaux) et du Cercle de l’Alliance Interalliée et du Club St James, Amadou Rouf Raimi affiche un profil assez reluisant. Ce qui fait de lui un homme assez courtisé dans les plus hautes sphères financières.
Avec plus d’une quarantaine d’années dédiées à la rigueur, au progrès, à la perfection, la conviction de Amadou Rouf Raïmi est qu’il faut s’orienter vers une gouvernance de plus en plus « comportementale » qui donne une place privilégiée aux valeurs, en termes d’éthique et d’exemplarité de comportement, à la compétence, au courage de pouvoir exprimer un point de vue contradictoire, à l’esprit d’indépendance. Pour lui, c’est la seule condition pour restaurer la confiance dans les hommes qui dirigent. La gouvernance ne s’entend uniquement pas, à son niveau, comme une question de bonnes pratiques codifiées mais comme une affaire de ressources et de capital. « Un peu d’ordre et beaucoup de sagesse dans la conduite des affaires nous feraient sûrement beaucoup de bien à tous », défend l’ancien Président de Deloitte Monde.
Père de trois filles, Amadou Rouf Raïmi préserve sa santé à travers la marche et a une phobie pour la boisson et le tabac. L’éternel sourire qu’il affiche fait de lui un homme qui a du charme. Il dispose d’une grande expérience des instances de gouvernance des entreprises et est habitué à résoudre des problématiques complexes, selon sa fiche de présentation à Deloitte. Des qualités que le Président français Nicolas Sarkozy a reconnues en le nommant le 14 juillet 2009 Chevalier de la Légion d’honneur pour ses 33 années d’activités professionnelles d’expert-comptable et commissaire aux comptes, Président du conseil d’administration d’un cabinet d’audit.
Mesmin Afanou
