Élection Présidentielle du 12 avril 2025 au Gabon : Brice Oligui Nguema favori (Plusieurs ralliements d’acteurs politiques et de la société civile favorisent sa candidature)

A la suite du soutien des membres et sympathisants de la plateforme « Le Rassemblement des Bâtisseurs », Brice Clotaire Oligui Nguema consolide son assise politique avec le ralliement de plusieurs figures influentes de la classe politique gabonaise.
On se rappelle que le 12 mars 2025, le Président de la Transition du Gabon a lancé officiellement les activités de sa plateforme politique, « Le Rassemblement des Bâtisseurs », une structure qui fédère diverses organisations militantes, dont des partis politiques, des syndicats et des associations. Cette plateforme est placée sous la coordination de l’avocat Anges Kevin Nzigou, un fervent opposant au régime défunt de Ali Bongo. Cette coalition politique offre à Brice Oligui Nguéma un large socle de soutien politique et social qui vise essentiellement à donner une légitimité populaire à sa candidature en rassemblant des forces sociales et politiques de tous bords. Cette une prouesse politique parce que ce n’était pas gagné d’avance.
La dynamique s’est poursuivie avec l’annonce du ralliement de quatre (4) formations politiques majeures de l’opposition. Parmi elles, le Rassemblement pour la Patrie et la Modernité (RPM) de Hugues Alexandre Barro Chambrier et l’Union nationale (UN) de Paulette Missambo, tous deux anciens candidats à la présidentielle de 2023. À leurs côtés, l’Alliance patriotique (AP) de Raymond Ndong Sima, actuel Premier ministre de la Transition, ainsi qu’une faction du mouvement Réappropriation du Gabon, de son indépendance et de sa reconstruction (REAGIR) dirigée par François Ndong Obiang, vice-président de l’Assemblée nationale de Transition.
Ces différents ralliements confirment l’avance prise par le Président de la Transition sur l’échiquier politique gabonais, en absorbant des figures politiques qui, il y a quelques mois encore, se présentaient comme des alternatives au pouvoir de la transition. Au-delà de l’influence politique de ces soutiens, leur ancrage territorial constitue stratégiquement un atout majeur. Hugues Alexandre Barro Chambrier, économiste et ancien cadre du FMI, est originaire de Libreville et jouit d’un réseau dans les cercles intellectuels. Raymond Ndong Sima, natif du Woleu-Ntem, légitime la candidature de Brice Oligui Nguema dans le nord du pays. Paulette Missambo, ancienne Ministre et actuelle Présidente du Sénat, apporte sa capacité de mobilisation en Ogooué-Lolo. Quand à François Ndong Obiang, leader de REAGIR, est une pièce maîtresse dans la province de l’Estuaire, l’une des plus peuplées du Gabon. Ce maillage territorial renforce la portée de la candidature d’Oligui Nguema et conforte sa position de favori à l’approche de l’élection présidentielle prévue le 12 avril 2025.
Les quatre (4) priorités socioéconomiques de Brice Oligui Nguema
Devant le patronat gabonais, Brice Oligui Nguéma avait déjà décliné des priorités qui devraient selon lui, détendre le climat des affaires au Gabon qui ne manquent pas des atouts.
« Je suis pratique et pragmatique par conséquent, je veillerai personnellement à ce que les propositions de ce jour soient concrétisées » avait déclaré le Président de la transition gabonaise
Réaliste et pragmatique, avait reçu les membres de la fédération des entreprises du Gabon, pour « définir ensemble des contours de la transformation économique et sociale de notre pays pour bâtir ensemble une économie plus forte, plus diversifiée, plus inclusive et résiliant ». Le Président du patronat, Henri Claude Oyima en était tout heureux et il en était de même pour ses collègues.
Treize (13) propositions avaient été dressées à cette occasion, à l’endroit du Président de la transition, qui en a retenu quatre (4) qui vont « être concrétisées sous ma supervision directe. »
La toute première priorité, c’est le règlement de la dette intérieure. En 2020, un audit du gouvernement avait conduit à l’annulation de près de 241 milliards, déterminés comme fictifs sur l’ardoise de l’Etat.
Mais un an plus tard, le quotidien public « l’Union » pointait une explosion de cette dette, de près de 50 %, passant de 1695 milliards à 2572,7 milliards de Francs CFA. Ce qui représente à peu près de ¾ du budget de l’Etat du Gabon pour l’année 2023, qui culmine à 3602 milliards de Francs CFA.
Il faut signaler que le Gabon compte 33,4% de pauvres selon l’Index du développement humain du PNUD
L’état est il prêt à éponger une telle dette dans les conditions actuelles ? Ce serait difficile selon Gabriel Zomo Yebe, professeur d’économie à l’Université Omar Bongo de Libreville. Mais s’il fallait privilégier une dette à éponger, ce serait la dette interne, car elle a plus d’impact grâce à « son effet multiplicateur ».
Selon Zomo Yebe, les entreprises souffrent très souvent des factures impayées de l’Etat, ce qui met souvent en difficulté ses créanciers et leurs fournisseurs.
Autre priorité retenue par Brice Oligui Nguema, c’est la restauration de la journée Comptable au Trésor, c’est un instrument mis en place par le Gabon pour assurer l’équité dans la gestion de la dette de l’Etat, explique-t-on à la fédération des entreprises du Gabon. Brice Oligui Nguéma estime que la réactivation de cet instrument permettra de mettre fin « aux petites combines entre copains et coquins ».
Brice Oligui Nguema estime que « les retraités vivent mal », il est important de mettre « sous gestion du secteur privé des deux (2) caisses de prévoyance sociale ». Il s’agir de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS), une caisse mise en place en 2007, c’est elle qui gère la couverture maladie dans le pays et assure le service des prestations familiales, l’autre c’est la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) dédiée à la sécurité sociale aux travailleurs du secteur privé.
Le syndicat des retraités civils et militaires exige le paiement de leurs pensions qui accusent des retards depuis 2015. L’analyste des politiques publiques, Petit Lambert Ovono avait estimé que la gestion des retraités devrait être l’une des principales priorités autorités gabonaises. D’autant plus que la caisse de sécurité sociale affiche un déficit de plusieurs milliards de francs CFA.
Brice Oligui Nguéma attache aussi du prix à une bancarisation des procédures, lorsqu’il s’agira de financer les projets gouvernementaux. C’est certainement pour limiter des flux financiers liquides entre gestionnaires de la fortune publique, comme les quelques 100 milliards retrouvés dans des valises, dans les domiciles de certains proches du Président Ali Bongo, le jour même de son renversement.
En 2013, la Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite (CNLCEI) avait par exemple déclaré que la corruption coutait entre 25 et 50 milliards de francs CFA par an aux caisses de l’Etat.
Au total , Brice Oligui Nguéma affiche de grandes ambitions pour le Gabon et propose au gabonais un projet qui globalement, devrait permettre au pays de sortir des sentiers battus. Visiblement, avec l’actuel Président de transition, de beaux jours attendent le Gabon et les gabonais.

Mick de BADAR

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