Élection présidentielle de 2026 et la participation du parti Les Démocrates : L’He Sodjinou reste ferme sur sa position (Dans une déclaration d’environ 10mn, le Député persiste et dénonce le fonctionnement du parti LD)

Nouvelle déclaration de l’Honorable Michel François Sodjinou ce week-end dans une vidéo devenue virale. Le Député le plus populaire du moment condamne fermement la désignation ou ‘’l’imposition’’ de l’avocat Renaud Agbodjo en tant que candidat du parti Les Démocrates pour l’élection présidentielle de de 12 avril 2026. Après avoir rappelé les faits, le Député Michel Sodjinou fustige la gestion du parti et dénonce le management mené par le Président Boni Yayi qui, selon lui, est celui des intrigues, tribalisme, du clanisme et du mépris de la base.
Bénin Espoir publie ici l’intégralité de son message.

Mesmin Afanou

« Déclaration de l’He Michel François Oloutoyé SODJINOU

Chers compatriotes,

Chers militants du parti Les Démocrates,

Mesdames et Messieurs de la presse,

Je prends la parole ce jour, dimanche 19 octobre 2025, non pour répondre aux ingénieuses affabulations, mais par devoir de vérité envers le peuple béninois. Le temps de la politique de l’ombre et du mensonge organisé est revenu. Mon propos s’articulera donc en trois phases.

Avant-hier, vendredi 17 octobre 2025, le parti Les Démocrates, par le biais d’un huissier de justice, puis du candidat désigné, M. Renaud AGBODJO, a tenté de notifier à la Cena un formulaire de parrainage portant mon nom. L’issue, que tout esprit éclairé pouvait prévoir, fut sans appel.

Ceci démontre que l’essence de leurs actions ne visait qu’à dissimuler l’inconduite et la mauvaise foi qui perdurent depuis des semaines. Rappelons la chronologie des faits. A la date du 2 septembre dernier, alors qu’il n’y avait ni consensus ni débat ouvert sur la désignation du candidat au sein du parti, ma fiche de parrainage a été remplie au nom de M. Renaud AGBODJO.

Comprenez-vous la gravité de cet acte, mes chers compatriotes ? Sans mon avis, sans mon consentement, on a rempli la fiche. Cela confirme que la direction du parti avait tout planifié pour que M. AGBODJO soit, in fine, désigné, justifiant a posteriori une démarche frauduleuse. Plus grave encore, non seulement ce parrainage n’est plus valide, mais il a été tout simplement falsifié à dessein.

Je le dis publiquement aujourd’hui, tous les éléments sont réunis et me fondent légitimement à déposer plainte pour falsification de documents, faux et usage de faux contre les prétendus bénéficiaires, c’est-à-dire M. Renaud AGBODJO, ainsi que contre le président du parti lui-même.

Néanmoins, je ferai preuve de retenue et d’indulgence cette fois-ci. J’estime que le parti Les Démocrates a déjà suffisamment de problèmes pour que je lui rajoute celui de l’exposition devant l’opinion nationale et les tribunaux, à cause des inconduites notoires de quelques-uns de ses cadres.

De plus, avec eux, au fond, j’ai toujours entretenu des relations courtoises, qui se passeraient bien de cette ultime épreuve.

Je suis un homme de principes et d’idéal politique. Têtu pour certains, je suis prêt à me battre jusqu’au bout pour défendre mes convictions et, dans le cas d’espèce, l’idée que je me fais de la justice en politique. J’entends les chuchotements, j’entends les insinuations ridicules selon lesquelles j’aurais pactisé avec Patrice Talon. Mais laissez-moi être clair : je n’ai jamais rencontré Patrice Talon, si ce n’est dans des manifestations officielles.

Attribuer ma démarche à une quelconque connivence relève de l’absurdité la plus totale. Cette attitude n’est que le déni de nos responsables, qui refusent une fois encore de se regarder dans le miroir pour apercevoir leurs égarements et leurs propres fautes.

Mon combat est pour la démocratie interne. Mon combat est pour notre idéal démocratique. Pour cette raison, je ne pouvais cautionner les logiques exclusionnistes du président Boni Yayi, que j’aime bien au passage, ni ses méthodes de gouvernance rétrogrades, qui assassinent l’expression démocratique au sein de notre formation politique.

Mon appréhension sur ce processus de désignation ne date pas d’hier. C’est connu de tous et c’est un secret de Polichinelle. Pour le président Boni Yayi, je n’étais qu’un homme dont la légitimité au sein du parti est incontestable. Aujourd’hui, on nous impose finalement mon frère Renaud AGBODJO.

Je n’ai rien contre lui, si ce n’est que le seul critère retenu semble être qu’il est le neveu de Boni Yayi. Aucun critère objectif de mérite ou de consultation réelle ne justifie ce choix, si ce n’est le simulacre d’une commission aux ordres, je dis bien aux ordres, mise sur pied et téléguidée par le président Boni Yayi lui-même.

Je ne fais que dire à haute voix ce que la majorité des députés et militants du parti pensent en silence, dans le secret de leur réflexion sur la gestion du parti.

Permettez-moi une dernière observation, mes chers compatriotes, sur mon jeune frère Maître Renaud AGBODJO. C’est amusé et consterné que j’ai pris acte de sa sortie d’hier, samedi 18 octobre, durant laquelle il s’est permis d’insinuer que j’aurais disparu et qu’à ce jour, personne n’aurait vu SODJINOU Michel.

Comment peut-il s’aventurer sur un terrain aussi glissant, alors qu’il sait pertinemment que, malgré mon silence, j’ai continué de vaquer à mes occupations habituelles à mon domicile ? Il sait également que je suis allé retirer en personne ma seconde fiche de parrainage à la CENA, et que j’ai rendu publique ma déclaration du jeudi 16 octobre 2025 laquelle, soit dit en passant, a inspiré le lendemain une contrefaçon à laquelle je ne m’associe pas.

Comment peut-il à ce point se méprendre sur la vérité des faits ? Lui qui sait que plusieurs cadres du parti, y compris notre aîné Saka Fikara, se sont rendus à mon domicile pour me rencontrer, sans compter que d’autres, y compris lui-même, sont restés en contact avec moi par téléphone ces derniers jours.

Il suffit de consulter l’historique de nos conversations sur les applications de messagerie instantanée pour en avoir le cœur net. Mes chers compatriotes, voilà l’illustration parfaite des inconséquences de mon jeune frère, celui d’entre nous qui était pressenti pour porter les couleurs du parti.

C’est pathétique. Avec le recul et l’évidence de ses manœuvres, tout ceci me conforte dans ma position. Je suis davantage convaincu, et je rends grâce à Dieu, d’avoir fait le choix juste en n’accordant pas mon parrainage à Maître AGBODJO.

Contrairement à ce qui est propagé, mes chers compatriotes, lorsque j’ai retiré ma fiche de parrainage, j’ai clairement indiqué par écrit au président du parti que je restais ouvert au dialogue.

Le président Boni Yayi, avec qui je me suis entretenu par personnes interposées, entre le retrait de ma nouvelle fiche de parrainage et l’expiration du délai de dépôt des dossiers, savait pertinemment que j’étais disposé à remettre cette fiche, pourvu qu’une solution de consensus, respectueuse des règles internes et du bon sens, soit trouvée.

Pourtant, face à l’ultimatum, il a préféré sacrifier le parti et sa participation aux élections sur l’autel de ses ambitions, en maintenant l’imposition de Me AGBODJO. C’est donc le président Boni Yayi, en réalité, qui est responsable à part entière de la disqualification du parti Les Démocrates à l’élection présidentielle par défaut de parrainage. C’est triste pour notre formation politique, qui ne mérite pas ce genre de leader. Excusez-moi.

Je suis en colère, profondément en colère. Cette politique menée par le président Boni Yayi est d’un autre âge, mes chers compatriotes. Elle est celle des intrigues, du clanisme et du mépris de la base.

Je pense qu’il est temps de tourner la page. Il est temps de faire la politique autrement : avec transparence, respect du mérite et véritable orientation vers le service du peuple et de notre pays.

L’avenir du Bénin mérite mieux que les calculs personnels et les mythes de dirigeants dépassés.

Je vous remercie. »

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