Le début du mois de mai 2026 restera gravé dans les annales de la reconnaissance culturelle au Bénin. Lors d’une cérémonie solennelle empreinte de solennité et de ferveur à Cotonou, le président de la République, Patrice Talon, a été officiellement élevé au rang de HùBóno d’honneur. Cette distinction, l’une des plus prestigieuses de la communauté Vodun, vient couronner une décennie de réformes audacieuses en faveur des religions endogènes et de la valorisation du patrimoine immatériel national.
Portée par le Comité des Rites Vodun du Bénin, cette rencontre a mobilisé un parterre impressionnant de dignitaires traditionnels, de têtes couronnées et de fidèles. Tous étaient réunis pour témoigner leur gratitude au chef de l’État, dont l’action a permis de replacer le Vodun au cœur de l’identité béninoise. Symbole fort de cette intégration dans les hautes sphères de la spiritualité ancestrale, une récade — attribut d’autorité au sein des traditions royales — a été remise au nouveau HùBóno d’honneur.
Pour Kakpo Mahougnon, président du Comité des Rites Vodun, ce titre célèbre un leadership visionnaire. Selon lui, les initiatives présidentielles ont permis au Vodun de s’extraire de « l’ombre des préjugés coloniaux » pour atteindre une « consécration internationale ». Ce changement de paradigme s’inscrit dans une stratégie globale entamée en 2016, visant à transformer les cultes endogènes en un puissant levier de rayonnement culturel, touristique et économique.
Le bilan des actions entreprises est, à ce titre, éloquent : institution des « Vodun Days » chaque 10 janvier, création du Comité des Rites Vodun, aménagement de la route des couvents ou encore érection d’infrastructures culturelles d’envergure à Ouidah et Porto-Novo. Ces projets structurants font désormais du Vodun un pilier du développement touristique du pays. Présents à l’événement, les ministres Jean-Michel Abimbola et Idelphonse Affogbolo ont salué une distinction qui consacre la cohérence d’une politique culturelle aux retombées concrètes sur la cohésion nationale et le renforcement des liens avec la diaspora.
Flora HOUNSOUNOU
