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DECISION DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL SUR LES FONDS SPÉCIAUX : LE PASTEF HAUSSE LE TON

Un bras de fer institutionnel majeur secoue la République du Sénégal et redéfinit les rapports de force entre le pouvoir législatif et l’exécutif. Au cœur de cette tempête politique figure la gestion hautement controversée des crédits spéciaux de la présidence, communément appelés fonds politiques. Suite au rejet d’une proposition de loi visant à encadrer ces budgets secrets, le parti au pouvoir, PASTEF-Les Patriotes, sonne la charge contre la décision de la haute juridiction, promettant une confrontation législative sans précédent pour imposer la transparence au sommet de l’État.

Le déclencheur de cette crise est une sentence sans appel rendue par le Conseil constitutionnel. Saisis par l’exécutif pour arbitrer ce conflit de prérogatives, les sages ont déclaré irrecevable la proposition de loi portée par les députés de la majorité. La haute juridiction a estimé que le texte voté par l’Assemblée nationale violait le domaine réservé aux lois organiques et constituait une immixtion illégale dans les compétences réglementaires de la présidence. Ce verdict juridique sonne comme un coup d’arrêt brutal pour les réformes de gouvernance promises à la base militante.

Loin de s’avouer vaincu par ce revers institutionnel, le PASTEF a immédiatement réagi par une déclaration d’une rare virulence politique. Les lieutenants du parti dénoncent des manœuvres de blocage destinées à pérenniser l’opacité financière et accusent les structures traditionnelles de vouloir étouffer la reddition des comptes. Refusant de clore ce chapitre, le groupe parlementaire majoritaire annonce qu’il reviendra à la charge en utilisant de nouvelles voies constitutionnelles. Cette bataille autour des fonds spéciaux s’annonce comme le premier grand test de la volonté de rupture systémique sur la scène politique sénégalaise.

Marie-Immaculée VODOUNSI