CULTURE GENERALEMONDE

Culture générale : Les facteurs de la décolonisation de l’Asie et de l’Afrique

La guerre a donné aux colonisés l’image d’une Europe affaiblie qui n’est plus la seule à détenir la puissance technique et militaire (en Asie, les Japonais chassent les puissances coloniales, diffusent une propagande anti-européenne dans les colonies qu’ils occupent et qui, lorsque les Japonais se retirent, proclament leur indépendance).

De plus, les colonies (et notamment l’Afrique noire) ont humainement et économiquement contribué à l’effort de guerre. Les métropoles sont donc redevables : après avoir accompli leur devoir, les colonisés réclament plus de droits, plus de libertés. Une élite formée par les Européens et parfois soutenue par des intellectuels en métropole réclame désormais l’accès de ses territoires à une complète indépendance. La politique d’assimilation qui prônait une égalité des droits entre autochtones et colons ne suffit plus.

Sur le plan international, la guerre met un terme définitif à la suprématie de l’Europe. Les Etats-Unis et l’URSS en sont les deux grands vainqueurs. Les Soviétiques apportent leur soutien aux peuples colonisés. Pour eux, c’est un moyen de lutte contre les “forces impérialistes”, c’est à dire les puissances coloniales qui oppriment et exploitent les peuples colonisés et c’est aussi un moyen d’étendre leur influence chez les peuples libérés (création d’Etats communistes). Les Soviétiques transposent donc à la décolonisation la théorie de la lutte des classes. Les Etats-Unis ont une attitude plus ambiguë. Ils se font les défenseurs des peuples opprimés.

LNB

Mais si cette lutte constitue à leurs yeux un devoir (les États-Unis étaient une ancienne colonie britannique), lorsque leurs intérêts stratégiques sont menacés, les États-Unis adoptent une attitude plus floue, oubliant leur “croisade” pour la liberté (Indonésie, Malaisie, Indochine). La décolonisation est donc un enjeu de lutte d’influence entre les Etats-Unis et l’URSS. (c’est un enjeu de la guerre froide : chacun essayant de faire basculer les nouveaux Etats dans son camp)

Créée en juin 1945, l’ONU est aussi un atout pour les leaders indépendantistes qui organisent l’opposition en créant des partis nationalistes dans les colonies. En effet, l’ONU reconnaît un principe fondamental : le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Les colonisés vont donc réclamer l’application de ce principe. De plus, l’ONU condamne les puissances coloniales comme ce fut le cas pour les Pays-Bas en Indonésie en 1949. L’ONU devient donc une tribune en faveur de la liberté des peuples. Au fur et à mesure que des pays obtiennent leur indépendance, ils entrent à l’O.N.U. (Egypte, Inde…)  : ils se font alors les défenseurs des peuples restés colonisés.

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