Les voix s’élèvent pour appeler à la paix entre le Bénin et le Niger. La crise qui prévaut entre les deux pays exaspèrent les populations des deux côtés. Elles en appellent à la paix et à la réconciliation. Parmi les bonnes volontés qui interviennent pour aider à la bonne entente entre les deux pays, il faut bien inscrire le doyen Karim Urbain Dasilva. Par une lettre ouverte il vient d’exhorter le Général TCHIANI à rouvrir les frontières du côté Niger. Ceci à quelques jours de la Tabaski : « Je souhaiterais que vous actiez cette réouverture de la frontière Nigérienne afin que les musulmans de nos deux pays n’en souffrent point » a t il écrit.
Dans cette lettre ouverte parvenue à notre rédaction ce lundi 10 juin 2024, le Patriarche Karim Urbain da SILVA s’est adressée directement au Général Abdrahmane TCHIANI, Président de la République du Niger et à tous les membres du CNSP.
Dans son exhortation au Président de la transition au Niger, le Premier Haut Dignitaire de l’Union Islamique du Bénin plaide pour la réouverture de la frontière à quelques jours de la fête de Tabaski afin que les musulmans des deux pays frères puissent fêter dans l’allégresse comme ce fut le cas depuis la nuit des temps. Il mentionne dans sa lettre : « Je souhaiterais donc que vous actiez cette réouverture de la frontière Nigérienne afin que les musulmans de nos deux pays n’en souffrent point ».
Votre journal publie ici l’intégralité de cette lettre ouverte.
Lettre ouverte du patriarche Karim da SILVA, nonagénaire, Président du Conseil des Sages de la Ville de Porto-Novo, 1er Haut Dignitaire de l’Union Islamique du Bénin
Au Général Abdrahmane TCHIANI, Président du Niger
Excellence Monsieur le Président de la République du Niger,
Les peuples du Niger et du Bénin sont liés depuis des millénaires par une profonde fraternité et une amitié indéfectible qui précèdent l’existence des États qui les regroupent et les différencient depuis les indépendances. C’est une réalité indéniable aujourd’hui que personne ne peut ruiner. Bien au contraire, c’est notre intérêt à tous de consolider cette fraternité.
De plus, il y a ici au Bénin, une très importante communauté musulmane dont une des fêtes principales arrive à échéance. Tout musulman souhaite à son prochain d’être dans les bonnes grâces de Dieu pour tuer le mouton.
Je suis un nonagénaire. Depuis, avant ma naissance, les moutons que nous tuons au Bénin proviennent, en majorité, du Niger. Ces moutons sont appréciés pour leur qualité et leur prix par les béninois. Le Bénin représente également, sur ce plan, un marché pour nos frères nigériens qui viennent y vendre leurs moutons.
Nous devons glorifier ALLAH.
Au vu de toutes les considérations qui précèdent, je vous demande Excellence M. le Général Abdrahmane TCHIANI, d’ouvrir la frontière au nom de Dieu et pour sa gloire, sans prendre en compte toute autre que Dieu le Créateur, les relations séculaires qui lient nos deux peuples et notre religion commune, l’Islam.
Si vous le faites, la bénédiction divine sera sur vous, si vous ne le faites pas, Dieu, qui est le seul juge, appréciera immanquablement, car, c’est à lui seul qu’appartient le jugement final.
Je fus autrefois membre de la SAWABA de Djibo Bakari dont j’étais, en 1958, le conseiller à la presse. Les élections avaient été truquées par un français, un corse du nom de Colombani qui était spécialement arrivé pour faire perdre la SAWABA.
Je souhaiterais donc que vous actiez cette réouverture de la frontière Nigérienne afin que les musulmans de nos deux pays n’en souffrent point.
Je vous prie de recevoir, Excellence M. le Président de la République du NIGER, l’expression de mes salutations de paix en Islam et de ma très haute considération.
Urbain Karim Elisio da SILVA
