L’ancienne Ministre togolaise des Armées, Marguerite Essossimna Gnakadé, a été interpellée ce mercredi matin à son domicile de Tokoin-Solidarité, dans le quartier de Lomé. L’opération, menée par des hommes armés et cagoulés, a été marquée par une forte démonstration de force et a suscité l’inquiétude des riverains. Des témoins oculaires rapportent que des hommes en uniforme ont bouclé l’ensemble du quartier avant de faire irruption au domicile de l’ancienne ministre. Des portes auraient été défoncées pour permettre l’accès. Elle aurait ensuite été emmenée vers une destination inconnue. Cette arrestation survient dans un contexte politique particulièrement tendu, moins de trois semaines après les manifestations du 30 août dernier, organisées par le mouvement M66. Marguerite Gnakadé s’était fait remarquer en soutenant publiquement ce rassemblement. Elle avait alors appelé la population togolaise à « vaincre la peur » et à « occuper les trottoirs » pour exiger la démission du président Faure Gnassingbé. Son appel avait eu un écho important, étant donné qu’elle est la première femme à avoir dirigé le ministère des Armées. À ce jour, aucun motif officiel n’a été communiqué pour justifier son interpellation. Cependant, des rumeurs circulent, évoquant un présumé complot. Selon des sources proches du pouvoir, l’opération du 30 août n’aurait été qu’une façade pour une tentative de déstabilisation du régime, financée par des acteurs étrangers et impliquant des mercenaires. Des caches d’armes auraient été découvertes dans la capitale. Depuis son départ du gouvernement, Marguerite Gnakadé s’est positionnée en tant que fervente critique du pouvoir en place. En juillet, elle dénonçait déjà la « spirale d’endettement » du pays, qu’elle jugeait « dangereuse pour les générations futures ».
Flora HOUNSOUNOU