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Communauté musulmane de la ville de Porto-Novo : Le nouveau Bashorun Adini ( Le Dr Saliou Alabi Latoundji est investi en présence des hauts dignitaires musulmans de la ville et du pays)

L’Islam est l’une des grandes religions révélées les plus pratiquées au Bénin et en particulier au niveau de la ville Capitale, Porto-Novo,! où se trouve une forte communauté musulmane.
La population de cette ville aux trois noms (Adjitchè, Hogbonou et Porto-Novo), fondamentalement animiste à l’origine, entre en contact avec l’Islam au xixe siècle par le biais des marchands islamisés d’origine haoussa et yoruba venus du grand voisin, le Nigeria. Au regard du nombre très important de la communauté musulmane dans la ville, le roi Sodji nomme un chef spirituel pour représenter les musulmans et leur attribue un domaine non loin du Palais Royal. Une première mosquée est construite sur le domaine dans les années 1880, Elle sera reconstruite sur un autre site après des plaintes du voisinage au roi qui se plaignaient du muezzin pour l’appel à la prière. La construction de cette mosquée, appelée aujourd’hui « mosquée centrale », a commencé en 1925 pour finir en 1935, soit dix ans après.
Pour un meilleur vivre ensemble, les tenants de la communauté musulmane avaient pris l’habitude de désigner quelques responsables sous la coordination de l’Imam central. Ainsi, il y avait un « Baba Adini », un « Alpha Agba », un « Alpha Tessir », un « Bashorun Adini », un « Balogoun », etc.
Après une certaine léthargie, ces fonctions reprennent force et vigueur. Deux semaines après la désignation et l’investiture de « Alpha Agba » en la personne l’Imam Djalal Deen Agnidé, ce samedi 22 février 2025, c’est à l’investiture de « Bashorun Adini » désigné quelques jours plutôt, qu’on a assisté. Le Dr Saliou Alabi Latoundji est donc investi comme le nouveau « Bashorun Adini » de la ville communauté musulmane de Porto-Novo. C’était à l’occasion d’une investiture majestueuse en présence du patriarche Karim Urbain Dasilva, de l’Imam central Amzat Houzeifa, du Président de l’union islamique du Bénin, l’imam Idrissou Boukary, du Maire de la ville de Porto-Novo, Charlemagne Yankoty, du Directeur adjoint de cabinet du Président de l’Assemblée nationale, Moukaram Badarou, de plusieurs dignitaires musulmans de la ville et même au plan national, des parents et alliés et de plusieurs fidèles musulmans.
Le « Bashorun Adini » joue le rôle de Facilitateur et de Médiateur entre les autorités religieuses et la population. Il doit consolider et promouvoir le vivre ensemble en paix entre les différentes couches sociales et communautés religieuses. Il doit aussi promouvoir l’éducation à la culture de paix.
Dans un contexte de diversité religieuse et culturelle, la promotion de la cohésion sociale est devenu un enjeu majeur.
C’est qui le Dr Saliou Alabi Latoundji , nouveau « Bashorun Adini » ?
A l’occasion de son investiture, il a été présenté par El Hadj Karim Akadiri. Bénin Espoir publie ici l’intégralité de cette présentation.

PRÉSENTATION DU Dr SALIOU LATOUNDJI :
Au nom d’Allah, je salue cette Auguste Assemblée avec une marque particulière à Son Excellence le Patriarche Urbain Karim da SILVA et à Son Excellence l’Imam Assifatou Mouhamed ALI, Imam de la Mosquée centrale de la ville de Porto-Novo, Distingués Invités, Mesdames et Messieurs, Bonjour !
Permettez-moi de vous présenter, en sept points, la vie et l’œuvre du Dr Saliou LATOUNDJI :
1. Un brillant parcours académique
Né le 29 novembre 1950 à Pointe-Noire, au Congo, le Dr Saliou LATOUNDJI est, en 1972, titulaire d’un Baccalauréat série C, à Porto-Novo, puis obtient en, 1978 à, Besançon, en France, son Diplôme de, Pharmacien d’État. Il poursuit son parcours avec, un Certificat d’Études Spécialisées en, Hématologie l’année suivante. Depuis 38 ans, il dirige la Pharmacie Olatoundji à Porto-Novo, alliant les pratiques modernes et, les savoirs ancestraux. Animé par, une soif de savoir insatiable, il entame en 2018, un Master en, Microbiologie Moléculaire et Médicale à, l’Université d’Abomey-Calavi qu’il obtient environ 2 ans après, soit 43 ans, après son diplôme de Pharmacien d’État.
2. Un promoteur de la médecine traditionnelle et moderne
Sa passion pour la médecine traditionnelle, notamment, l’utilisation des plantes médicinales, comme l’Artemisia, est profonde. Il commercialise cette plante, à travers, une entreprise dédiée, avec, une demande particulièrement forte, durant la pandémie de Covid-19. Membre de la Société Française d’Ethnopharmacologie, le Dr LATOUNDJI est un fervent défenseur de l’intégration de, la médecine traditionnelle dans les systèmes de santé modernes.
3. Un leader spirituel
La quête de savoir du Dr LATOUNDJI remonte à son enfance. Dès 1962, lorsqu’il quitte Pointe-Noire pour Porto-Novo, il s’est appliqué à apprendre le Saint Coran et à en comprendre la profondeur. Cette quête l’a conduit à des recherches spirituelles complémentaires en dehors du cadre scolaire. Initié à la Tariqa Chaziliyya Darqawiyya Alawiya en France, il introduit cette voie soufie au Bénin il y a près de 40 ans, avec des relais au Congo, au Canada et au Sénégal. En tant que Mouqadam et Président de l’Association Internationale Soufie Alawiya au Bénin, il œuvre sans relâche pour promouvoir les valeurs de paix, d’unité et de spiritualité. Il a accompli son premier Hadj en 1994 et organise, depuis plus de 20 ans, le Hadj pour les pèlerins.
4. Un défenseur de la paix et du dialogue interreligieux
Au Bénin, le Dr LATOUNDJI joue un rôle clé dans le dialogue interreligieux. Membre du Conseil Supérieur Islamique et participant actif dans des organisations internationales telles que Religions pour la Paix et WANEP-Bénin, il a organisé en 2018, la première Journée Internationale du Vivre Ensemble en Paix (JIVEP), un événement majeur célébré désormais chaque 16 mai, afin de promouvoir la paix entre les communautés.
5. Un engagement pour l’éducation et la culture
Au-delà de ses actions dans la spiritualité et le secteur paramédical, le Dr LATOUNDJI s’investit pleinement dans l’éducation et la culture. En tant que Président du Conseil d’Administration de l’Institut Africain Ibn Battuta, il œuvre pour la promotion de la langue arabe, de la culture islamique, et met en place des programmes éducatifs destinés à la jeunesse et aux femmes, contribuant ainsi au développement humain et social.
6. Un parcours international reconnu
Participant régulièrement à des conférences internationales, il partage son expertise sur la spiritualité, la paix et l’éducation en Europe et dans le monde arabo-musulman. Il parle plusieurs langues : le Yoruba et le français étant acquis, il a appris et utilise l’anglais et perdu un peu de son kikongo au profit du goun.
7. Conclusion
Le Dr Saliou LATOUNDJI incarne un modèle de dévouement au service de l’humain, alliant compétences professionnelles, sagesse spirituelle et engagement social. Son parcours témoigne d’une rare combinaison de talents et d’une profonde volonté de contribuer à un monde meilleur. Avec un tel parcours, O Seigneur, accorde lui, de ta part, une miséricorde et, guide-le avec droiture, dans sa mission de BASHORUN Adini de la Communauté musulmane de Porto-Novo. Amin !
Je vous remercie

Mesmin Afanou

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