Les grandes manœuvres de la transition institutionnelle enregistrent un rebondissement politique majeur. C’est désormais officiel : l’ancien Président de la République, Thomas Boni Yayi, a annoncé ce mercredi 22 juillet 2026 qu’il siégera finalement au Sénat en sa qualité d’ancien chef d’État.
Cette décision inattendue découle d’une réévaluation du contexte politique national à quelques jours seulement de l’installation officielle de la haute chambre du Parlement béninois, prévue pour le 30 juillet 2026. Bien qu’il se soit vivement opposé à la création de cette institution consécutive aux réformes constitutionnelles, l’ancien chef de l’État a précisé faire valoir ce droit légal garanti par la constitution du 11 décembre 1990 telle que révisée en novembre 2025, afin de continuer à servir la nation, d’y porter la voix des libertés fondamentales et de plaider pour le dialogue politique.
L’entrée de cette figure majeure de la vie politique béninoise au sein du futur Sénat revêt une importance capitale pour l’équilibre des débats et la représentativité des sensibilités au sein de la nouvelle chambre du Parlement du Bénin. En acceptant de siéger aux côtés des autres membres de droit et des sénateurs désignés, Thomas Boni Yayi insuffle une dynamique inédite aux travaux de la seconde chambre parlementaire.
C’est donc dans une déclaration faite ce mercredi 22 juillet 2026 à sa résidence à Cotonou, que l’ancien chef de l’État, Thomas Boni Yayi, a confirmé qu’il siégera au Sénat, conformément à l’article 113 alinéa 3 de la Constitution telle que révisée.
Devant la presse ce mercredi à Cadjèhoun, l’ancien Président de la République a justifié sa décision par le respect des institutions issues de la révision constitutionnelle de novembre 2025. « Notre pays fait face à de nouvelles réalités institutionnelles », a-t-il déclaré, avant de réaffirmer son attachement à la paix, à la démocratie et à la cohésion nationale.
Au lendemain de l’adoption de la nouvelle Constitution, Thomas Boni Yayi avait publiquement dénoncé la réforme constitutionnelle et s’est interdit de rejoindre la chambre haute du Parlement, invoquant alors la tension sociopolitique qui traversait le pays. L’on est tenté de dire qu’il a évolué dans sa position et c’est tant mieux pour le pays.
En tant qu’ancien chef de l’État et donc membre de droit du Sénat, il estime désormais ne pas pouvoir se soustraire à une obligation constitutionnelle. « Je n’en suis pas demandeur. C’est la Constitution », a-t-il souligné vivement. Se référant explicitement à l’article 113 alinéa 3, il a indiqué qu’il exercerait pleinement ce droit, non par ambition personnelle, mais par devoir républicain.
Thomas Boni Yayi entend faire du Sénat un espace de dialogue. Pour lui, la démocratie béninoise a besoin d’espaces d’échanges et de débats apaisés, à l’heure où les défis économiques et sociaux se font plus pressants.
S’adressant directement au peuple Béninois, Thomas Boni Yayi rassure : « Je connais vos aspirations fondées sur la justice, la démocratie, le pain et la paix. Je resterai fidèle aux valeurs qui ont toujours guidé mon engagement politique ».
Pour l’homme du changement et de la réfondation, après mûre réflexion, la chambre haute du Parlement peut devenir un cadre interne de concertation destiné à porter la voix des citoyens et leurs attentes auprès des pouvoirs publics.
Lire ci dessous l’intégralité de la déclaration de Thomas Boni Yayi
Marie Immaculée Vodounsi
Intégralité de la déclaration du Président Thomas Boni Yayi
Mes chers compatriotes,
Au moment où le projet de loi portant révision de la Constitution et instituant le Sénat a été introduit, et avant même son examen par la Commission des lois de l’Assemblée nationale, j’avais publiquement fait connaître ma position, en indiquant clairement que je n’envisageais pas de siéger au sein de cette institution, pour les raisons que j’avais alors exposées.
La loi a été votée et promulguée. Depuis lors, le contexte national a considérablement évolué et beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Notre pays fait face à de nouvelles réalités institutionnelles, notamment la mise en place d’un Parlement monocolore.
Les cadres de dialogue politique sont devenus quasi inexistants voire considérablement réduits, alors même que notre démocratie a plus que jamais besoin d’espaces d’échanges et de débats.
Chers compatriotes,
Je partage les préoccupations du peuple quant à la nécessaire décrispation de la vie politique, à travers la prise en compte des priorités qui ont toujours été les miennes, à savoir : le respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales incompatible avec l’existence de prisonniers et d’exilés politiques, le renforcement des acquis de l’unité nationale, la sécurité, la défense du territoire, le dialogue, la démocratie et la paix.
Je vous rassure : je connais vos aspirations fondées sur la justice, la démocratie , le pain et la paix.
Je resterai fidèle à vos valeurs qui ont toujours guidé mon engagement politique.
C’est pourquoi, après mûre réflexion, il apparaît dès lors que le Sénat pourrait être un cadre de dialogue politique interne destiné à porter la voix et les attentes du peuple.
Mes Très chers compatriotes,
En vertu de l’article 113-3 de la constitution, je compte exercer mon droit de sénateur afin d’œuvrer pour l’idéal de notre patrie commune. Je n’en suis pas demandeur, c’est la constitution.
Je m’efforcerai avec mes collègues à faire du Sénat un vase d’honneur pour les intérêts du peuple.
Continuons de prier pour notre pays et d’œuvrer pour la paix, la justice, la sécurité et la démocratie.
Union de prières.
Dieu bénisse le Bénin
Thomas Boni Yayi
Ancien Président de la République du Bénin
