Face aux difficultés croissantes rencontrées par les citoyens lors de leurs transactions quotidiennes, l’Assemblée nationale du Bénin a tapé du poing sur la table. Les députés ont officiellement adopté une réforme majeure du droit monétaire visant à éradiquer une pratique devenue monnaie courante : le refus des billets froissés, usés, ou des pièces de monnaie jugées trop « lisses ». Ce comportement, largement observé sur les marchés et dans les commerces, grippait jusqu’ici l’économie locale et pénalisait fortement les consommateurs, en particulier dans les zones rurales.
Désormais, la loi est on ne peut plus claire : tout refus d’accepter une coupure ou une pièce émise par la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) constitue une infraction pénale. Le législateur a tenu à rappeler avec fermeté que le franc CFA conserve un pouvoir libératoire total et absolu sur l’ensemble du territoire national et au sein de l’Union Monétaire Ouest-Africaine (UMOA). Même altéré par le temps ou l’usage, l’argent en circulation doit être accepté par tous les agents économiques sans distinction.
Pour donner du poids à cette directive, le nouveau texte de loi introduit un arsenal de sanctions particulièrement dissuasives. Les récalcitrants s’exposent désormais à des amendes substantielles, oscillant entre 100 000 et 500 000 FCFA. De plus, les autorités ont décidé de s’attaquer de front à un autre fléau informel : le commerce du « monnayage », qui consiste à exiger des frais ou des commissions pour échanger de gros billets contre de la petite monnaie. Cette pratique spéculative sera désormais sévèrement punie, les contrevenants risquant des peines allant de un à trois ans d’emprisonnement et des amendes pouvant culminer à 3 millions de FCFA.
L’objectif ultime de cette réforme est de restaurer la confiance des populations dans leur monnaie nationale et de fluidifier le commerce de détail. Pour désamorcer les craintes des commerçants, le gouvernement béninois a réitéré que les billets et pièces endommagés ne perdent pas leur valeur et peuvent être échangés gratuitement et sans condition auprès des guichets de la BCEAO. Les autorités appellent donc l’ensemble des opérateurs économiques et des citoyens à un strict respect de ces nouvelles dispositions afin de garantir la sérénité des échanges.
Flora HOUNSOUNOU
