Le mercredi 23 septembre 2026, à la Présidence de la République, la présentation du document d’orientation des pôles de développement territorial a concrètement démarrée la phase opérationnelle de la réforme promise par le candidat Romuald Wadagni au sujet des pôles territoriaux. Au-delà de l’architecture institutionnelle exposée par le Ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, Janvier Yahouédéhou, le Président de la République, a insisté sur le changement de comportement républicain attendu des differents acteurs pour faire du développement local une réalité.
En effet, après plusieurs mois de réflexions et de tractations, la phase opérationnelle de la réforme des pôles de développement territorial est devenue effective et solennellement. Réunis autour du chef de l’État, au palais de la Marina, les 77 Maires, les 12 Préfets, les cadres de l’administration et partenaires institutionnels ont découvert le document d’orientation et de cadrage qui fixe les contours de la nouvelle organisation territoriale, tel que voulu par le Président de la République. Suite à cette rencontre qui prend date dans les annales de l’administration territoriale du Bénin, nous nous sommes rapprochés de l’ancien Préfet des Départements de l’Ouémé et du Plateau, Moukaram Badarou : « Cette rencontre en elle toute seule montre que le Président de la République, Romuald Wadagni, a de la suite dans les idées, qu’il est un homme de parole, un homme d’État qui sait joindre la parole à l’acte. Il démontre encore une fois que les promesses électorales constituent une boussole pour l’élu. Cette attitude du chef de l’Eta est un bon démenti de ce qu’on a entendu jusque là, à savoir les promesses électorales n’engagent ceux qui y croient. C’est une excellente chose et une bonne nouvelle pour la suite. Aussi, il faut dire que derrière les schémas et les mécanismes institutionnels présentés, il y a la volonté du gouvernement de réduire les écarts de développement entre les Communes, les Départements et de créer plus de richesses aux populations à la base. Il faut préciser par ailleurs que toutes les Communes n’ont pas les mêmes atouts. Certaines disposent d’infrastructures adéquates tandis que d’autres non. La vision développée par le chef de l’Etat aidera à corriger ces déséquilibres en tenant compte des potentialités propres à chaque territoire. C’est justement ça qui est le charme de la décentralisation ».
Le Ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, Janvier Yahouédéhou, a signifié que chaque pôle devra devenir un espace de croissance économique capable de valoriser ses ressources spécifiques. En réalité, il s’agira essentiellement de développer une agriculture productive au service des producteurs, de promouvoir au moins une industrie par pôle, de révéler le potentiel touristique local à travers une ville et un village de splendeur et de faire émerger des territoires d’innovation.
Pour Moukaram Badarou, « le gouvernement veut garantir à tous les pôles un socle commun composé d’infrastructures, de capital humain qualifié, d’un tissu dynamique de petites et moyennes entreprises ainsi que de mesures incitatives qui pourront rassurer les partenaires et attirer les investisseurs. Chaque pôle, avec le temps, devra disposer de projets structurants capables de générer des emplois et d’améliorer durablement les conditions de vie des béninoises et des béninois ».
Le Ministre Janvier Yahouédéhou a donné des éclaicirssements sur des points qui suscitent certaines interrogations, notamment la place du futur Délégué Général de pôle dans l’architecture institutionnelle de l’administration territoriale au Bénin. Il a expliqué que la réforme ne crée pas une nouvelle autorité hiérarchique au-dessus des Préfets de Département ou des Maires. Le dispositif repose fondamentalement sur la coordination, la coopération et la cohérence des interventions. Le Préfet conserve ses missions de représentation de l’État, de coordination des services déconcentrés de l’Etat et de tutelle administrative des Communes. Quand aux Maires, ils continuent d’exercer leurs compétences dans le cadre de la décentralisation. Le Délégué Général en ce qui le concerne, aura pour mission de coordonner les actions de développement et de veiller à l’exécution des projets territoriaux.
Selon les informations reçues, la mise en œuvre de cette réforme se fera progressivement. Dès le quatrième trimestre, les Délégués Généraux seront installés avec leurs équipes. Ils devront engager les concertations avec les acteurs locaux, identifier les moteurs de croissance de chaque territoire et définir les projets prioritaires. L’élaboration des feuilles de route, la définition des responsabilités respectives de l’État, des Communes et du secteur privé ainsi que la mobilisation des financements nécessaires, suivront par la suite. A terme, chaque pôle devra disposer d’un tableau de bord permettant de mesurer les résultats obtenus. Les futurs Délégués Généraux ne seront pas jugés sur les intentions affichées ou sur une quelconque politique politicienne mais essentiellement sur les impacts réels de leurs actions à savoir la création d’emplois, le développement des filières économiques, l’attractivité des territoires et l’amélioration des conditions de vie seront entre autres les indicateurs de performance.
Pour Moukaram Badarou ancien Directeur adjoint de cabinet du Président de l’Assemblée nationale : « De ce que j’ai compris, l’objectif du gouvernement est de permettre à chacun d’exercer convenablement ses responsabilités tout en assurant une action commune au service du développement territorial. La réforme repose sur six pôles à savoir : le pôle Nord-Est qui regroupera l’Alibori et le Borgou, le Nord-Ouest regroupera la Donga et l’Atacora, le Centre regroupera les Collines et le Zou, le Sud-Est regroupera l’Ouémé et le Plateau, le Sud-Ouest regroupera le Mono, le Couffo et une partie de l’Atlantique, le Grand Nokoué quand à lui regroupera le Littoral, une partie de l’Atlantique et de l’Ouémé. Aussi, j’ai beaucoup apprécié l’adresse du chef de l’Etat à l’endroit des Maires et des Préfets, le chef de l’État en insistant sur la nécessité de ne plus tolérer les pratiques qui freinent le développement des territoires et qu’en repartant de la Présidence, ils doivent prendre l’engagement personnel de dire : ce que mes yeux voient, qui constituent des freins, je ne laisse plus passer. Il faut de la pédagogie, pas de violence. Il ne faut pas brutaliser les gens, vous donnez l’exemple a t il indiqué. Il a voulu rappeler que la réussite des pôles ne dépendra pas uniquement des textes, des financements ou des organigrammes mais surtout de la capacité des responsables locaux à faire évoluer les pratiques et à agir avec davantage d’exigence ».
L’ancien Préfet est convaincu qu’à terme : « Avec cette réforme, le Bénin, pays splendeur, sera une réalité au profit de chaque béninoise et de chaque béninois ».
Mesmin Afanou
