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Alliance des États du Sahel vers une intégration économique : Une nouvelle étape annoncée

Des experts du Mali, du Burkina Faso et du Niger se sont réunis ce samedi 26 septembre à Bamako afin de préparer la cinquième session ministérielle de la Confédération des États du Sahel (AES) dédiée à l’industrie et au commerce. Durant deux jours de discussions techniques, ces spécialistes ont planché sur l’élaboration d’une nouvelle feuille de route destinée à accélérer l’intégration économique de l’espace confédéral, un document soumis à la validation des ministres compétents dès ce lundi.

Au cœur des concertations figurent l’évaluation du Plan d’actions prioritaires et le recensement rigoureux des obstacles qui freinent encore la libre circulation des personnes et des marchandises. Les délégations ont également examiné les mécanismes de financement des secteurs stratégiques ainsi que des mesures concrètes pour fluidifier les échanges inter-états. Une attention particulière a été portée au secteur privé, associé à une session spécifique pour traiter directement des difficultés opérationnelle éprouvées par les entreprises locales en matière d’investissement et d’industrialisation.

Cette rencontre scientifique et administrative s’inscrit dans la continuité d’un processus initié en octobre 2024 à Bamako, consolidé par l’institution d’un comité tripartite de suivi en avril 2025, puis par l’adoption en juin 2026 de directives sur l’attractivité des investissements, la lutte contre la fraude et un cadre commun de normalisation des produits. Les experts ont ainsi fait le point sur l’avancement de projets structurants majeurs, tels que la création d’une centrale d’achat pour les produits essentiels et la mise en place d’un Observatoire du climat des affaires.

Le principal défi de cette initiative réside dans la cohabitation des nouvelles dispositions régionales avec le cadre juridique existant. Alors que les trois nations partageaient déjà le franc CFA et l’espace UEMOA — garantissant théoriquement la libre circulation des biens, des services et des capitaux —, les travaux de Bamako visent à définir la valeur ajoutée propre aux mécanismes de l’AES et à préciser leur articulation avec les normes ouest-africaines.

Représentant un marché de plus de 75 millions d’habitants sur une superficie de 2,8 millions de kilomètres carrés, pour un produit intérieur brut combiné approchant 70 milliards de dollars en 2024, le bloc sahélien cherche à transformer ses ambitions politiques en retombées économiques tangibles. La réunion ministérielle de ce lundi est particulièrement attendue sur la fixation d’un calendrier précis d’exécution, la clarification du financement des projets et l’établissement des règles de fonctionnement de la future centrale d’achat.

Flora HOUNSOUNOU