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9e Congrès mondial contre la peine de mort à Paris : Dandi Gnamou contre tout recul des droits humains

À l’occasion du 9e Congrès mondial contre la peine de mort qui s’est ouvert à Paris, la présidente de la Haute Cour de Justice du Bénin, le professeur Dandi Gnamou, a fermement plaidé pour la vigilance démocratique. Face aux crises sécuritaires et aux tentations populistes, la juriste béninoise a mis en garde contre le risque de régression des acquis en matière de droits de l’homme.

Le grand rendez-vous mondial des abolitionnistes bat son plein à Paris. Réunissant diplomates, militants de la société civile, juristes et dirigeants politiques venus des quatre coins de la planète, ce 9e Congrès mondial contre la peine de mort s’inscrit dans un contexte international particulièrement mouvant. Si la tendance globale reste à l’abolition universelle, les menaces de retour en arrière planent dans plusieurs régions du monde, souvent sous le prétexte de la lutte contre la criminalité transfrontalière et le terrorisme.

C’est précisément dans cette brèche que la voix du Bénin s’est fait entendre, portée par une figure majeure de son architecture juridique : le professeur Dandi Gnamou.

Les acquis ne sont jamais éternels

Prenant la parole lors des panels de haut niveau, la présidente de la Haute Cour de Justice a sonné le tocsin. Pour Dandi Gnamou, la protection de la vie humaine et l’interdiction de la peine capitale ne doivent jamais être considérées comme des victoires définitives.

> « Dans un monde marqué par des crises multiformes, le populisme pénal et les dérives sécuritaires guettent nos démocraties. Il ne faut tolérer aucun recul, aucune concession sur la sacralité des droits humains », a laissé entendre l’universitaire béninoise.

Elle a notamment insisté sur la nécessité pour les institutions judiciaires et constitutionnelles de faire bloc afin de sanctuariser les réformes progressistes et d’éviter que des circonstances exceptionnelles ne viennent justifier des régressions législatives.

Le Bénin, un modèle abolitionniste sur le continent

Le plaidoyer de Dandi Gnamou résonne avec une force particulière au regard de l’histoire récente du Bénin. Le pays s’est en effet illustré à l’échelle continentale comme un phare des droits humains en abolissant définitivement la peine de mort dans les années 2010, puis en ratifiant le Deuxième protocole se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques des Nations Unies.

En portant ce message à Paris, la haute magistrate ne s’est pas contentée de défendre un principe abstrait ; elle a partagé l’expérience béninoise, démontrant qu’un État peut faire face à ses défis de sécurité intérieure tout en restant profondément ancré dans le respect de la dignité humaine.

Un appel à la solidarité africaine et internationale

Alors que plusieurs nations africaines hésitent encore à franchir le pas de l’abolition de jure (dans la loi), maintenant parfois des moratoires de fait sur les exécutions, l’intervention de Dandi Gnamou résonne comme une invitation pressante à l’action.

Le message est clair : la justice moderne ne doit pas venger, elle doit corriger et protéger. Face aux vents contraires qui secouent les droits fondamentaux à travers le globe, la vigilance reste le maître-mot pour que le droit à la vie demeure la clé de voûte de nos sociétés.

Marie Immaculée VODOUNSI

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